22/12/2005

Histoire de sourires

Pas mignons ces deux-là ? Prochainement les mêmes à poil !Non, non je plaisante. Faut pas rêver, ce blogue n'est pas un site porno et la nudité si elle a sa place dans l'illustration de ma vie new-yorkaise telle que je me suis engagé à la décrire (et à la décrypter) n'a rien à voir avec ces lieux salaces qui fleurissent sur le net et où le corps des garçons - comme celui des filles d'ailleurs - est présenté comme de la viande sexuée. L'amour que je porte à la beauté masculine trouve son origine dans l'éducation que j'ai reçu. Aristophane, Platon, Callimaque... Tous ont célébré la beauté des garçons. Hadrien avait Antinoüs, Alexandre son Héphestion, Achille, Patrocle et David son Jonathan...

Un beau gosse vraiment !



Lassitude

Je cours. Nous courrons. Après le temps. Après l'argent. Après l'amour. les amours... Fatigue. Lassitude plutôt. envie de s'arrêter un peu. De pouvoir contempler le temps qui passe. regarder sans scrupule les gens s'agiter. Rester derrière ma fenêtre et épier le monde. Regarder les beaux minous qui se promènent. Les rêver... Je suis déprimé ce soir. Trop fatigué de courir après des chimères. Toujours des trucs à faire, des problèmes à régler. N'y-a-t-il pas des gens sur cette pauvre terre qui vivent paisiblement sans courir après rien. Au rythme des saisons. sans dépit, sans frustration, sans manque, sans regret, sans désir ? Heureux sont-ils. Vraiment.

21/12/2005

un beau gosse | 21 décembre 2005


Enfance

Cadeau de pub !

En attendant la nouvelle égérie de Vuitton : voici un des plus beaux mannequins d'aujourd'hui ! Merci Saint-Laurent de ne rien nous cacher. Mais où est son numéro de téléphone ? Je plaisante, mais c'est vrai que cette photo est belle, elle est en grand sur un mur près de chez moi et personne ne peut passer sans la remarquer. Qui peut dire que le corps masculin n'est pas beau à contempler ? Qui peut sans mentir dire que cette plastique n'est pas d'essence divine ?

Christmas time

Christmas carols à Londres. Souvenirs de jeunesse... Mais nous n'avons jamais eu la chance de chanter à Piccadily Circus nous !

Rêver tel un malade à sa première promenade

Il va neiger je crois. Le feu dans la cheminée n'est pas qu'un luxe ce soir. Le chien ne bouge plus du tapis devant l'âtre. le chat ronronne sur le bras d'un fauteuil et je t'écris. Tu es parti depuis quelques jours maintenant et tu me manques. Mon lit est froid sans toi. Il fait bon ici et la maison se prépare pour les fêtes. mais tu n'es pas là et tout me parle de toi. Même le DVD tant attendu qui est arrivé ce matin et m'attendait gentiment sur mon bureau à la banque ne m'a pas déridé. J'aimerai tant te sentir contre moi, blotti entre mes bras. encore dix jours et tu seras de retour. Il va neiger je crois...

18/12/2005

Broken sky (El cielo dividido)

“And a time will come when we’ll no more know what that is that binds us. By slow degrees the word will fade from our memory”. Cette citation extraite de Hiroshima, mon amour de Marguerite Duras, ouvre le film du mexicain Julian Hernandez, sorti récemment ici et dont on parle beaucoup. Un film de 140 minutes à la fois envoûtant et horripilant.
140 minutes sans pratiquement de dialogue et ça marche. L'essence de ce mélodrame est le corps, son langage : les acteurs parlent avec leurs yeux, leurs gestes. La musique est bien choisie et le rythme souvent déconcertant. On est parfois un peu perdu dans les émandres de la pensée du héros, Gerardo qui est amoureux de Jonas qu'il a rencontré sur le campus de son université. Un amour fou, transi, joyeux qui soudain se gâte. Jonas a croisé dans une boite de nuit un garçon qui l'a envoûté, littéralement. Gerardo essaie de comprendre et reste le même, mais Jonas ne peut plus être comme avant et se détache de son ami. Le film suit le détachement des deux garçons, les liens qui se défont, la douleur de l'aimé délaissé. C'est parfois sauvage, cru, et douloureusement ressenti par le spectateur.
Julian Hernandez, après A Thousand Clouds Of Peace qui avait reçu le Teddy Award. 
Les deux personnages sont de (très) jeunes étudiants, Gerardo et Jonas, qui tombent amoureux et vivent une relation passionnée. Une nuit, dans un night-club Jonas est attiré par un beau type mystérieux, Bruno. Il en est bouleversé. cela va bouleverser aussi sa vie et sa relation avec Gerardo dont il va se détacher peu à peu. Quand Jonas est prêt à céder de nouveau à l'amour de Gerardo, il voit Bruno à la place de son ami et chaque fois le réveil est douloureux, il se refuse, ne veut plus l'embrasser, et Gerardo bien sur en prend ombrage tout en restant fou amoureux de Jonas. Gerardo de son côté est poursuivi par Sergio, un garçon plus âgé qui est tombé amoureux de lui... Ces deux tentations laminent peu à peu leur relation en dépit de la passion qui abrite encore leurs cœurs.
Les films qu'on a l'habitude de voir depuis le début des années 2000 et qui traitent de la sexualité des garçons entre eux portent toujours sur les mêmes problématiques T: la difficulté de vivre son désir au grand jour, la relation avec les parents, le doute et les hésitations, le sida, l'ostracisme d'une société faussement tolérante... Pas ce film-là. Il évacue toutes ces données sociologiques ou sociétales.  
Il parle de l'amour, de la passion. C'est une magnifique histoire d'amour qui transcende le type de sexualité qui fait vibrer les deux garçons. Et c'est bien. Flirtant avec les extrêmes de la passion amoureuse, poignant sans jamais être larmoyant ni fleur-bleue, Broken sky est émouvant. C'est en cela qu'il touche des publics peu concernés par l'amour entre garçons. La passion est universelle et cette tension, cette douleur que ressentent les protagonistes du film, n'importe qui peut un jour ou l'autre dans sa vie, y être confronté.
Le travail de la caméra est surprenant. C'est superbe. Les acteurs sont très convaincants, certainement parce que tout se dit par une gestuelle très aboutie, très parlante (il n'y a pratiquement pas de dialogues dans ce film).  Pourtant cela dure plus de  deux heures ! Bien sur parfois des choses agacent, l'usage à de trop nombreuses reprises du panoramique (pour suggérer le vertige dans lequel les acteurs sont plongés, leur désarroi, le monde qui s'écroule ) , cela finit par lasser mais c'est un parti-pris du réalisateur et il faut le respecter. La musique aussi permet au spectateur de s'engoncer totalement dans l'histoire, créant peu à peu une atmosphère très particulière et attachante. Une mention spéciale pour l'usage fait par Hernandez du  "Rusalka"de Anton Dvorak (réminiscences du film de Wong Kar-wai's 2046) dans uen scène où les deux héros sont attirés l'un par l'autre mais restent rétifs à tout contact physique, comme un ballet sauvage où la tension du désir est énorme mais où le mal-être, la trsitesse l'emportent et freinent l'assouvissement de leurs élans. c'est très beau cette scène vraiment où ces deux garçons au plus fort de leur passion sont effrayés par elle et sont bouleversés par le flot d'émotions qu'ils ne contrôlent pas.
Certains n'ont pas été convaincus par la fin. En fait, il y a deux fins avec au milieu du film, l'apparition du titre du film comme un second générique.  Étrange fin c'est vrai. Où on se demande si Gerardo et Jonas rêvent ou si effectivement ils retrouvent un équilibre entre leur passion mutuelle et leurs attirances pour de dangereuses chimères... La première fin est logique, implacablement. leur amour est mort et Gerardo se résigne, Jonas est malheureux, etc... Cela sonne vrai. La seconde est romantique à souhait, apaisante et apaisée comme les deux protagonistes dont le sourire ressemble à celui qu'ils avaient au début du film.  Cette fin n'en est pas moins plausible. En tout cas, on sent qu'elle émane directement du réalisateur, elle traduit son souhait que tout finisse ainsi pour les deux héros.  Il a d'ailleurs expliqué que le film fini, avec la première fin, il ne se sentait aps satisfait. il manquait quelque chose pour qu'il sente l'opus accompli et achevé. Il a donc voulu proposer ce qui selon lui est advenu.  L'esthétique des derniers plans, la tension positive qui y règne, comme un accomplissement et non plus seulement comme un fougueux assouvissement,  tout se tient et rend l'ensemble du film harmonieux et flamboyant.

12/12/2005

J'ai craqué

A thing of beauty is a joy forever...

Rob Lowe dans "Outsiders". Il a fait craquer des millions de filles et de garçons dans cette tenue... suggestive. L'image aurait été moins héroïque s'il avait été nu, mais cette serviette et ce petit renflement bien droit que tu m'avais fait remarqué... Hmmm. mais je m'égare. Ce fut une de mes première émotions  esthétiques d'adolescent, avec le Satyricon de Fellini... Je trouve que tu lui ressembles un peu !

L'hiver pointe son nez glacé

Je rêve d'une ville couverte de neige où la circulation s'arrêterait, où dans le silence feutré des rues immaculées, nous pourrions nous promener, toi et moi.

Te souviens-tu de cet hiver à Paris. Nous étions assis à une table. Tu révisais tes partiels, je terminais une lettre. Soudain, en dépit de la nuit avancée, un silence inhabituel nous fit regarder par la fenêtre de la rue Poussin. Il avait neigé longtemps appremment. C'était magnifique. la lune, grosse et blanche répandait une lumière très pâle, mais dense aussi. Tout était recouvert, els voitures, les trottoirs, les poubelles... Nous nous sommes habillés le plus chaudement possible et nous avons dévalé les escaliers. Quel spectacle, le Bois de Boulogne comme un décor de film surréaliste, les rues vides, lisses. Te souviens-tu notre promenade : les champs Elysées, la Concorde, le Palais Bourbon, le Champ de Mars. Tout était blanc et vide. Les feux tricolores étaient les seules tâches de couleur parmi ce blanc. Je me souviens d'une jeune femme à une fenêtre près de l'Ambassade des Etats Unis... Nous avons marché toute la nuit.
Et cet autre hiver à New York, l'année avant le 09/11 qui rendit les amerloques hystériques. Nous avions voulu voir de là-haut ce que le blanc donnait, mais il y avait trop de monde. Tiens, je ne suis jamais monté en haut de ces horribles tours. Les avoir vu s'écrouler, au-delà de l'horreur ressentie, me fit regretter un instant de n'y être jamais allé. Tu connaissais un jeune steward qui travaillait là. Un étudiant en littérature française. que tu avais rencontré je ne sais plus où. Tu m'as dit qu'heureusement le jour de l'attentat, il était de repos...
Le dimanche avant notre retour chez les gens qui t'accueillaient, nous avions fait une longue ballade. Central Park était comme un coin de campagne abandonné. Tu te souviens le brunch au Club Room sur Sullivan street, à l'angle de Prince street. On y avait retrouvé Georges et Fanny. Il faisait un temps magnifique. C'est là qu'ils t'avaient présenté ce garçon...
Quand serons nous de nouveau ensemble à New York.  Avoir les clés de l'appartement dans ta poche et déambuler comme un vrai new yorker ! se la péter... C'était ton rêve non ? Je l'ai réalisé moi qui vit maintenant depuis deux ans ici, en plein milieu de la Big Apple...  Pourtant tu te souviens combien j'avais peu envie de venir travailler ici ! C'est toi qui m'a poussé, ton enthousiasme était tellement joyeux. "Et puis, je te rejoindrai" avais-tu susurré à mon oreille le dernier soir...
Mais avec toi j'aimerai aller n'importe où. Il y a un mois nous étions à Bruxelles et à Anvers, puis à Strasbourg. Nous avons fait tellement de route. Les nuits étaient belles encore.
Sur ce blog, en plus du journal de ma vie ici, je vais raconter nos voyages : Zagreb, Prague, Moscou, Istambul, Athènes, Rome, Venise, Naples, Capri, Tanger et Paris bien sûr et Saint Savinien, Jarnac et Limoges... Ce blog va devenir un guide touristique.

Dimanche soir | 11 décembre 2005

Merdum ! Dimanche se termine. Il va falloir remettre costume et cravate demain. Reprendre le chemin du bureau. Sourire aux collègues, aux clients, à la secrétaire. La journée a passé bien vite. Il a fait très beau. Nous aurions dû sortir le bateau. Le chien ronfle doucement devant le feu et le chat s'est emparé du plaid en cachemire, le bougre. Antoine est parti. son père est venu le chercher avec sa nouvelle voiture. Jolie Saab grise. Il me manque. Je sais qu'il va m'appeler avant de dormir. La musique vient de s'arrêter. Le Monde du week end est vide, creux, que des aricles sans intérêt. Je vais prendre un bain.
Mais je devrais me présenter. Je suis Hadrien. L'empereur. Antoine est mon Antinoüs. Tout le monde nous appelle ainsi. C'est devenu comme un rite. Une habitude. Antoine est étudiant à sciences po. Il a 21 ans. Je suis banquier à New York - broker pour faire genre - actuellement en vacances en France, et j'ai 34 ans. Il est brun, je suis blond. Il est le quatrième rejeton d'une illustre famille de la région. Je suis né de l'autre côté du Rhin, dans un univers marqué par les choix familiaux pendant la guerre. Nous avons en commun les vignes et la littérature. Il est beau.
Je l'ai connu l'année de son bac de français. Son professeur est un ami. Il l'avait accompagné comme quelques autres de ses élèves. Ferdinand enseigne la littérature depuis longtemps à des lycéens snobs et mélancoliques qui, grâce à lui ont appris à écrire et à lire autrement. Ferdinand est le seul professeur noir que je connaisse. Il est né à Fort-de-France. Son père voulait qu'il soit chirurgien comme lui. Nous sommes de vieux amis. Depuis l'université.
Il m'a présenté Antoine sans imaginer ce qui adviendrait. Je n'avais pas l'habitude de sortir avec de jeunes lycéens. Je les trouvais souvent trop bruyants, boutonneux, ignorants et fats la plupart du temps. Lui était différent. Bien élevé, réservé, souriant. Il avait des choses à dire et savait comment les dire. 
Nous nous sommes revus à plusieurs reprises en ce début d'été. Nous nous donnions rendez-vous dans un café, près de l'opéra, ou dans ce salon de thé près des ruines. Il affectionne comme moi les scones avec de la crème et de la confiture. Antoine me raconta ses goûts, ses désirs et se rêves. Il me cita Cavafy et Yourcenar. Les mémoires d'Hadrien, l’œuvre au noir, Souvenirs pieux... Il connaissait l’œuvre de la dame Crayencourt comme sa poche... Sa beauté était rayonnante. Son sourire, sa voix, son rire... Un prince. Moi, l'Empereur, j'étais fasciné, anéanti. Fou amoureux. Mais je ne le savais pas encore. Antoine rêvait d'aller en Grèce.  Mon frère venait de se marier et il était à Athènes avec sa jeune épouse. Je devais aller lui rendre visite en août. Antoine accepta de venir avec moi.
Nous avons fait l'amour pour la première fois dans le wagon-lit qui nous amenait à Thessalonique. Émus comme des enfants. Je crois que c'était sa première vraie nuit d'amour. Ce fut un merveilleux voyage. Je n'avais pas 30 ans. Antoine sortait à peine de l'adolescence. Athènes, Epidaure, Mycènes, Delphes, Olympie, puis l'île de Rhodes et Lindos, splendide village, où mon frère et sa femme avaient loué une maison toute blanche au-dessus du port. Antoine était comme un jeune chiot, un poulain découvrant la liberté. Il était déjà capable de parler de tout avec tout le monde. Il savait parfaitement se tenir et son éducation parfaite me faisait sourire moi, l'allemand rustre et campagnard. Le bythinien ne devait pas s'être comporté autrement face à l'empereur Hadrien.

11/12/2005

L'Empereur

Curieux, pour moi qui ai du sang juif, de ressentir depuis ma plus tendre enfance une forte inclination pour le rejeton des Antonins qui détruisit Jérusalem... Est-ce à cause de son amour pour Antinoüs ? Est-ce simplement à cause de cette belle édition des Mémoires que m'offrit mon père ?Est-ce aussi parce qu'un de mes ancêtres traduisit en allemand les célèbres vers de l'empereur ?

Bon, soyons pédagogues et rappelons donc au lecteur qui fut Hadrien :

Publius Aelius Hadrianus (Hadrien)
Né en Espagne, en 76 -Mort en Italie en 138.
De la dynastie des Antonins
Hadrien est adopté par Trajan à la mort de son père. Les deux hommes sont issus des mêmes arrière-grands-parents et Hadrien épousera Sabine, la petite-nièce de Trajan. Il reçoit une solide formation intellectuelle et militaire et est envoyé faire ses premières armes dans les casernes éloignées de l'Empire.
 Il accompagnera ensuite Trajan dans ses dernières campagnes, notamment contre les Parthes. Lorsque ce dernier meurt, en 117, Hadrien est âgé de 41 ans mais n'a pas le titre officiel d'héritier. Il faudra l'intervention de Plotine, veuve du disparu et peut être maîtresse d'Hadrien, pour faire admettre les prétendues dernières volontés de son mari.
Cette initiative légitimera post-mortem la prise du pouvoir d'Hadrien. Un complot ourdi par quatre sénateurs qui tentaient de s'opposer à cette décision sera sévèrement réprimé. Les premières années de règne sont marquées par l'abandon de la politique expansionniste de Trajan. L'Arménie et la Mésopotamie, trop exposées, seront abandonnées. Il gardera, par contre, la haute main sur la Dacie et l'Arabie.
Les frontières de l'Empire réduit son renforcées. L'empereur fait construire le Mur d'Hadrien en Grande-Bretagne, de l'embouchure de la Tyne au golfe de Solway, pour protéger la province romaine des invasions des Pictes d'Écosse. Le "limes" germanique fait également l'objet d'attentions particulières. D'une manière générale, les populations placées sous le contrôle de l'autorité impériale seront parfaitement encadrées et réprimées si le besoin s'en faisait sentir.
Sur le plan intérieur, il divise l'Italie en quatre districts et remplace à leur tête des Sénateurs par quatre personnages consulaires. L'ensemble des édits en vigueur est compilé au sein d'un code baptisé Édit perpétuel et rédigé par le jurisconsulte Salvius Julianius. Les voyages d'Hadrien le conduiront à Lyon, vers 121/122, où il fera construire un nouvel aqueduc et restaurera le théâtre et l'amphithéâtre. Il se rendra ensuite à Nîmes qui bénéficiera de la construction d'une basilique en l'honneur de l'impératrice douairière Plotine qui l'avait aidée à accéder au trône.
Hadrien assistera à la divinisation de son favori, le bel Antinoüs, présumé mort de noyade lors d'une croisière sur le Nil. Il passe les dernières années de sa vie à Tivoli (Tibur), la somptueuse Villa Hadriana construite pour héberger les reproductions des plus belles oeuvres d'art admirées au cours de ses voyages. Il fait construire à Rome le mausolée impérial (Moles Adriani) qui deviendra le Château Saint-Ange. 
La Judée s'embrase de nouveau entre 132 et 136. Certains historiens rapprochent cette situation du projet d'Hadrien qui consistait à édifier une ville grecque à l'emplacement de Jérusalem. Le mouvement insurrectionnel aurait pris naissance au sein des communautés esséniennes de la Mer Morte. Rabbi Akiba et Simon Bar Kochba (fils de l'Etoile), qui se prétendait descendant de David et revendiquait à ce titre le trône d'Israël, se seraient associés pour chasser les Romains de Terre Sainte. Les insurgés, qui avaient obtenu quelques succès au début de leur campagne, devront se retrancher dans la place forte de Bétar, près de Jérusalem. Le Fils de l'Étoile succombera durant le dernier assaut tandis que rabbi Akiba sera brûlé vif après avoir été torturé. Hadrien fera alors construire, à l'emplacement de la ville sainte dévastée, la cité gréco-romaine d'Aelia Capitolina, interdite aux Juifs. Il interdira, dans le même temps, la religion hébraïque. L'édit d'Hadrien sera abrogé par son successeur, Antonin, au cours de la première année de son règne.L'Histoire Auguste, recueil anonyme et tardif (IVème-Vème siècle) de biographies impériales, nous a livré cette célèbre poésie de l'empereur Hadrien  :
"Animula vagula blandula..."
Animula vagula, blandula,
Hospes comesque corporis,
Quae nunc abibis in loca
Pallilula, rigida, nudula,
Nec, ut soles, dabis iocos. .

Amelette, vaguelette, mignonnette,

Très chère hôtesse de mon corps,
Et qui maintenant descend seulette
Dans des lieux livides et morts
Où jamais plus ne seras guillerette !

Le sommeil du juste

Mais à quoi rêve-t-il au juste ? Et vous, lecteurs ?...

Rêveries

Maurice Heerdink est un illustrateur plein de sensibilité et qui sait traduire toute la complexité des garçons, leurs désirs, leurs hésitations, leurs rêves et la force de leur amour. Si ce dessin devrait être traduit par de la musique, ce serait un prélude de Chopin.

Nostalgie d'un dimanche soir

Antinoüs
Merde. Dimanche se termine. Il va falloir remettre costume et cravate demain. Reprendre le chemin du bureau. Sourire aux collègues, aux clients, à la secrétaire. La journée a passé bien vite. Il a fait très beau. Nous aurions dû sortir le bateau. Le chien ronfle doucement devant le feu et le chat s'est emparé du plaid en cachemire, le bougre. Antoine est parti. son père est venu le chercher avec sa nouvelle voiture. Jolie Saab grise. Il me manque. Je sais qu'il va m'appeler avant de dormir. La musique vient de s'arrêter. Le Monde du week-end est vide, creux, sans intérêt. Je vais prendre un bain.
Mais je devrais me présenter. Je suis Hadrien. L'empereur. Antoine est mon Antinoüs. Tout le monde nous appelle ainsi. C'est devenu comme un rite. Une habitude. Antoine est étudiant à sciences-po. Il a 21 ans. Je suis banquier - broker pour faire genre - et j'ai 34 ans. Il est brun, je suis blond. Il est le quatrième rejeton d'une illustre famille de la région. Je suis né de l'autre côté du Rhin, dans un univers marqué par les choix familiaux pendant la guerre. Nous avons en commun les vignes et la littérature. Il est beau.
Je l'ai connu l'année de son bac de français. Son professeur est un ami. Il l'avait accompagné comme quelques autres de ses élèves. Ferdinand enseigne la littérature depuis longtemps à des lycéens mélancoliques qui grâce à lui apprennaient à écrire et à lire autrement. Ferdinand est le seul professeur noir que je connaisse. Il est né à Fort-de-France. Nous sommes de vieux amis. Depuis la rue de l'Université.
Il m'a présenté Antoine sans imaginer ce qui adviendrait. Je n'avais pas l'habitude de sortir avec de jeunes lycéens. Je les trouvais souvent trop bruyants, boutonneux et fâts. Lui était différent. Bien élevé, réservé, souriant. Il avait des choses à dire et savait comment les dire. 
Nous nous sommes revus à plusieurs reprises en ce début d'été. Nous nous donnions rendez-vous dans un café, près de l'opéra, ou dans ce salon de thé près de Jussieu, à deux pas des arènes de Lutèce, nos ruines. Il affectionne comme moi les scones avec de la crème et de la confiture. Antoine me raconta ses goûts, ses désirs et se rêves. Il me cita Cavafy et Yourcenar. Les mémoires d'Hadrien, l'Oeuvre au noir, Souvenirs pieux... Alexis... Il connaissait l'oeuvre de la dame Crayencourt comme sa poche... sa beauté était rayonnante. Son sourire, sa voix, son rire... Un prince. Moi, l'Empereur, j'étais fasciné, anéanti. Fou amoureux. Mais je ne le savais pas encore. Antoine rêvait d'aller en Grèce.  Mon frère venait de se marier et il était à athènes avec sa jeune épouse. Je devais aller lui rendre visite en août. Antoine accepta de venir avec moi.
Nous avons fait l'amour pour la première fois dans le wagon-lit qui nous amenait de Lyon à Thessalonique. Emus comme des enfants. Je crois que c'était sa première vraie nuit d'amour. Ce fut un merveilleux voyage. Je n'avais pas 30 ans. Antoine sortait à peine de l'adolescence. Athènes, epidaure, Mycènes, Delphes, Olympie, puis Rhodes et Lindos, splendide village, où mon frère et sa femme avaient loué une maison toute blanche au-dessus du port. Antoine était comme un jeune chiot, un poulain découvrant la liberté. Il était déjà capable de parler de tout et avec tout le monde. Il savait parfaitement se tenir et son éducation parfaite me faisait sourire moi, l'allemand rustre et campagnard. Le bythinien ne devait pas s'être comporté autrement face à l'empereur Hadrien.

Image volée

Sans rancune !

Friendship

Ce qui ordonne ma vie et mes jours, ici et depuis toujours, c'est l'amitié. "Friendship" en anglais veut dire bien plus de choses qu'en français. Une familiarité comme un rite, une sorte d'amour de tous pour chacun sans particularité. Une complicité, la certitude d'être avec d'autres soi-même, avec ses semblables. Mes amis à New York, à Baltimore, à Chicago comptent beaucoup pour moi.

Nous y voilà !


Je suis Hadrien. J'aime les garçons. ils sont ma vie. Quand je dis "nous y voilà!", je devrais dire "me voici", car, parce que Gilles, Philippe, Louis et Antoine me tannent pour que je livre sur le net tout ce que j'écris pour eux et pour moi. Et parce qu'Antoine m'a dit de créer un blog. Voilà qui est fait.
J'avais écrit un texte de cinquante lignes avec toutes mes tripes et il vient de disparaître. Horreur de l'informatique. Dommage. J'avais tout dit sur ce blog naissant. Et sur moi. Et sur ma manière de voir. A suivre...
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