12/09/2011

Peurs adolescentes


Il avait appelé tard dans la nuit. A sa voix, j'avais compris que quelque chose n'allait pas. Je lui proposais de passer. Le temps de trouver un taxi, il arrivait. David qui n'avait pas pris le combiné, se doutait que son frère avait un problème. Déjà l'autre jour, nous l'avions senti tendu, triste et nerveux. Lui qui enchantait nos journées de navigation vers le New jersey, ce pitre qui en rajoutait en m'appelant son "joli beau-frère", qui trouvait toujours l'idée, la parole grotesque qui nous faisait éclater de rire, il était devenu terne. Silencieux. Nous avions respecté son silence. Ne pas poser de question. Attendre qu'il ressente le besoin de nous parler.
Il faisait très chaud ce soir-là et New York transpirait de pollution et d'humidité. Je n'aime pas l'air conditionné mais il faut reconnaître que c'est une merveilleuse invention qui nous sauve ici du désespoir et de mille crimes passionnels ou de voisinage ! Mais revenons-en au petit frère. Adam a tout juste dix neuf ans. Quand j'ai connu David, il était encore un jeune adolescent hésitant entre le sport et la musique, entre les filles et les garçons. Brillant nageur, c'est aussi un excellent joueur de tennis et c'est un bon skipper. Beau gosse, il est resté longtemps renfrogné avec moi mais peu à peu il m'a accepté, et nous sommes depuis devenus de très bons amis. Il s'entend à merveille avec David. Bien plus qu'avec leur sœur, la sombre Nora.
Quarante minutes après son coup de téléphone, Adam sonnait à notre porte. Brinkley grogna un peu. David qui était dans la salle de bain au moment de l'appel de son frère avait enfilé un short et un t-shirt. Il attendait dans le salon, curieux de savoir ce qui pouvait bien amener son petit frère à onze heures du soir... Le garçon entra, m'embrassa puis alla serrer la main de son frère. Je songeais en les voyant ensemble combien leur passage en Angleterre avait pu laisser de traces. Et pas des plus désagréables finalement, surtout dans un pays aussi  brut que les États-Unis. Le jeune gentleman redevint un pur yankee lorsqu'il demanda à se doucher et qu'il enleva son polo dans le salon en même temps que ses tennis. Joliment musclé, le regarder dévêtu est un plaisir, bien qu'il soit moins bien bâti que son frère, avec des restes de rondeur enfantine. Après dix minutes, il reparut devant nous, seulement vêtu du vieux bermuda en jean de son frère.
"Alors Adam, qu'est ce qu'il y avait de si urgent pour que tu traverses la ville pour nous parler et saute sous la douche dès ton arrivée ?" David ne cherchait même pas à camoufler son agacement. "Tu as faim ou soif ? "
L'adolescent consentit à parler une fois attablé dans la cuisine, une énorme part de brownie devant lui et un grand verre de lait. 
Son histoire, somme toute assez édifiante, mérite d'être racontée bien que tristement banale finalement. Hélas.
"Nous étions partis de chez ma copine Casey dont les parents sont en Floride. Nous avions rendez-vous au café de Cornelia Street, à Greenwich. Il y avait un concert de Tony Moreno. Casey était en forme. Nous avons un peu bu avant de partir avec les copains. On a pris le métro. Tout allait bien. Mais à un moment John, Billy et Andy ont commencé à se disputer. La fille qui était avec eux a pris le parti de Billy. John en a eu marre. Il est descendu. Tout le monde était très énervé." Adam s'est levé, visiblement nerveux lui-aussi. Il a repris du brownie, a fait tomber le couteau et des miettes pour le plus grand bonheur de Brinkley. Le chat qui était sur la plateforme de l'escalier de service a miaulé pour rentrer. David qui buvait une bière, me lançait des regards de temps à autre comme pour me demander ce qu'on allait faire de son frère et s'il fallait continuer à écouter cette logorrhée d'hydrocéphale.
Rassasié par sa deuxième part de brownie, Adam continua son histoire : "John descendu du métro, c'est Casey et Billy qui se sont disputés. je ne comprenais pas quel était le problème bon sang. Elle l'a giflé. En fait Billy disait que John était un con, une tafiole et qu'il supportait pas les gays en fait. J'ai forcément réagi. En fait j'ai découvert que John et Andy étaient ensemble et que Billy les avait surpris en train de s'embrasser dans les vestiaires et qu'il n'avait rien dit parce que les deux étaient ses potes. Casey furieuse a décidé de rentrer chez elle et nous a planté à Times Square. Je me suis retrouvé seul avec Andy. Nous sommes allés au Cornelia Café comme prévu. C'était sympa, il y avait plusieurs copains. On est resté jusqu'à la fin. Puis on a décidé d'aller manger des bagels. En route je trouvais Andy bizarre et tout d'un coup, juste derrière zabar's il m'a plaqué contre le mur et s'est collé contre moi en cherchant à m'embrasser. Il me tripotait les couilles avec sa main et m'a dit que depuis toujours il était fou de moi et que Casey lui avait dit que comme David étant gay, je devais l'être aussi ou en tout cas bisexuel." Là notre pauvre Adam tout énervé s'est levé ? Il marchait de long en large entre la table et le frigo, agaçant le chien qui commença à grogner. Presque une heure du matin. "Et alors ?" lui demanda David qui voulait aller se coucher. "Et ben alors, j'ai fini par me dégager. Il s'est excusé,il était tout rouge. On n'a pas été manger nos bagels finalement. Il est rentré chez lui  et je vous ai appelé."
"C'est tout ?" hurla David.
"Ben non" répondit Adam avec une voix tremblante. Il éclata en sanglot. "C'est que quand Andy était contre moi, ça m'a excité et j'ai joui comme jamais auparavant ! Je ne sais plus où j'en suis, merde. je respecte tes choix, mais moi je ne suis pas pédé. j'ai couché avec Casey et c'était bien. pourtant là avec andy je me suis senti bien aussi et mal à la fois. Je ne sais plus où j'en suis quoi. Je me suis senti très sale et en même temps je sais que j'ai aimé sentir son corps contre le mien. "
David éclata de rire et se leva pour consoler son petit frère. Il nous servit une autre bière. Adam reprit du brownie. Le chien se leva pour lécher les miettes en grognant."Tu sais, tout cela est normal. Tu es un mec normalement constitué et tu as eu du plaisir avec un de ets copains. C'est ce qui est important. Personne ne t'a violé. Il est amoureux de toi, c'est son droit. il avait envie de baiser avec toi, c'est son droit aussi. Bon il t'a un peu forcé la main si je puis dire. Cependant, l'essentiel reste que vous les deux vous ayez pris du plaisir. Ce n'est pas pour cela que tu es gay comme ton grand frère !"
"Et puis même" ai-je rajouté, "tu as le droit d'aimer les filles et les garçons. cela ne ferait pas de toi un zombie !" Appuyé contre le rebord de la fenêtre de la cuisine, le garçon les bras croisés, regardait par terre. "Je peux dormir chez vous ?" demanda-t-il.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour

je suis tombé par hasard sur votre blog en contemplant avec admiration les photo de garçons sur gay cultes, et cette peurs adolescente que nous éprouvons avant de basculer du coté que nous donnera le plus de joui....disons le plus de bien être....je crois que je vais revenir souvent vous lire.

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