27/09/2012

Jeunes hommes... chiots ou chatons ?

Les américains qui ont un petit copain plus jeune parlent de leur puppy boy. L'image du jeune chiot ébouriffé et tout fou peut en effet représenter les adolescents entre seize et vingt ans, voire un peu plus qui aiment les garçons de leur âge ou le plus souvent, les hommes jeunes mais plus âgés qu'eux. Moi, quand je vois un bel éphèbe encore à mi-chemin entre les douceurs d'une enfance qui se termine et la vigueur de l'âge viril, je pense plutôt aux chatons. Kitten boy me parle davantage. ils sont joueurs et charmeurs, languides et voluptueux, excités et parfois un peu poussifs, mal dégrossis mais déjà remplis de leur personnalité d'homme, la musculature vive et les sens toujours en éveil. Ils sont innocents et pervers, mais sans calcul ni méchanceté. ils aiment totalement dans un absolu émouvant et savent rendre toutes les joies et les voluptés qu'on leur apporte.
Nos maîtres les grecs avaient compris que pour fabriquer des hommes virils et solides, il fallait un contact fort et rude avec leurs aînés. La pédérastie n'avait rien de malsain ni de pervers, de grands chercheurs l'ont écrit mieux que moi. En dépit des tentatives de certaines idéologies d'en faire une tare et un danger moral, la découverte du plaisir, la comparaison de son corps avec celui d'un aîné, l'amour pour la beauté et pour l'exercice, bâtissaient des âmes solides dans des corps magnifiques/ Quand les poils remplaçaient le doux duvet de miel sur les jambes et les fesses des garçons, c’en était fini des amours fraternelles, des amitiés particulières encouragées par les pédagogues et par l’État. Les armées étaient souvent plus victorieuses quand les soldats se battaient aux côtés de leur amant. Le désir de se protéger mutuellement et la rage de venger ceux qui étaient tombés rendirent Sparte longtemps invaincue ! 

Notre époque hypocrite et prude pourchasse ces amours tenues secrètes entre de très jeunes gens pubères depuis peu, encore surpris parfois de ce plaisir qui éclate parfois la nuit à leur insu, et des hommes, faits et informés qui aiment avec passion ces êtres parfaits que la vie et le temps n'ont pas encore abimé. Cela fait peur. Bien sûr hélas, parmi ces amoureux de la beauté des garçons se faufile parfois - trop souvent - de sales pervers malsains qui ne ressentent qu'un désir vil et malpropre, des êtres malades pour qui le jeune, fille ou garçon, n'est qu'un prétexte pour assouvir fantasmes et délires? nul amour chez les pédophiles pour qui la violence et le vice sont mêlés. Trop de journaux sont remplis de terribles faits divers.  On assimile ainsi à ces tordus tous ceux qui préfèrent la jeune musculature et les peaux lisses, les joues imberbes des jeunes garçons, ceux qui sont sensibles à cette vénusté dont parle Gabriel Matzneff et que de très grands poètes de l'Antiquité à nos jours, n'ont jamais cessé de célébrer. Mais remettons les choses dans leur contexte. l'amour qu'un athlète de vingt ou trente ans portait à une jeune éphèbe de quatorze ou quinze ans avait pour décor la Grèce d'il y a deux mille ans et plus. On était pubère vers onze ou douze ans, soldat à quatorze, marié et père de famille vers dix sept ou dix huit ans et à quarante ans l'homme était un sage respecté parmi les anciens. Les plus vieux dépassaient parfois la cinquantaine. Leur barbe était blanche et leurs traits acérés par l'expérience et la vie ressemblaient à ceux des vieillards centenaires d'aujourd'hui. Quand dans un célèbre texte, le poète Straton de Sardes ? - célèbre les garçons, ceux qu'il décrit auraient aujourd'hui à chaque fois deux ou trois ans de plus : 
J'aime la fraîcheur de l'enfant de douze ans ;
mais celui de treize ans est beaucoup plus désirable.
Plus douce encore est la fleur d'amour
qui s'épanouit à quatorze ans,
et de plus en plus charmante celle de la quinzième année.
Seize ans, c'est l'âge divin.
Dix-sept ans, je n'oserais y prétendre : Zeus seul y a droit.

L'âge venant, ils se mariaient pour donner à la Cité des enfants pour la servir, la défendre et la gouverner. Ce sujet m'est venu en écoutant des amis bavarder hier soir, alors que nous fêtions l'anniversaire de notre ami Ernst, jeune tchèque installé à New York depuis deux ans et qui travaille dans une des galeries d'art dont je suis un (modeste) client. Il vient d'avoir vingt-neuf ans mais sa barbe blonde le vieillit un peu. C'est lui qui a parlé des puppies. Son ami est encore au collège et n'avait pas dix huit ans quand ils devinrent amants. Il fait très jeune. Je le connais un peu. Il est beau. Au début, quand Ernst est arrivé, il n'avait pas encore trouvé d'appartement. Il logea donc chez nous, et bien vite son copain vint le retrouver. Parfois ils se disputent et se quittent en colère, mais bien vite leur réconciliation est éclatante. Ces deux-là s'aiment vraiment. qui dira encore qu'un adolescent ne peut pas aimer d'amour, solide et véritable, un autre garçon, même plus âgé.

Le couple que je forme avec mon ami dure depuis presque huit ans maintenant et ni lui ni moi ne songeons à le faire éclater. Nous sommes bien ensemble et la vie se passe bien. Il y a quelque fois des tensions, des portes qui claquent mais aussi - délices - des retrouvailles et des pardons bien doux. Point besoin de matrimoine, d'union officielle. Pourquoi vouloir singer le mariage ? Mes lecteurs savent mon conservatisme à ce sujet. On peut vivre en couple, être heureux et le faire savoir sans avoir envie de se passer une alliance au doigt. Jamais nous n'avons envisagé d'avoir un enfant. Il ne serait forcément que celui de l'un d'entre nous puisque nous ne le ferions pas ensemble comme la nature a voulu qu'un homme et une femme puisse le faire. Mais ne nous aventurons pas sur ce terrain polémique. Je respecte l'opinion des autres et tiens à ce qu'on respecte la mienne. Et elle n'est pas tendre pour la gay pride et les mouvements transgenre et autres décadences de fin de civilisation. Si un jour le désir d'enfant se fait prégnant, j'épouserai une femme et nous serons père et mère. Ce n'est pas seulement sociologique ou social, c'est naturel et constitutif de l'espèce humaine.  Aimer les garçons, avoir fait le choix de vivre avec l'un d'entre eux et vouloir passer le reste de ma vie avec lui ne change rien à cette certitude.




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