10/05/2015

Joe Dalessandro, beau et philosophe


Lu dans Gay Cultes, un blog ami où je  me reconnais souvent dans les idées, l'esthétique et le mode de penser (non il n'y a pas de faute, c'est bien de la manière de penser de l'auteur de ce blog dont je veux parler et non de ses pensées que je ne connais pas et qui ne regarde que lui), un billet sur l'icône de la Factory, premier homme objet, muse de Warhol et de Morrissey, celui dont l'entrejambe moulé fit en 1975 la couverture de la pochette d'un disque des Rolling Stones, pochette devenue aujourd'hui une pièce de musée, beau garçon libre et parfaitement à l'aise avec son corps dans un univers qui restait prude et hypocrite avec les questions sexuelles. 


A l'aise avec les jeunes comme avec les vieux, avec les hommes et avec les femmes, il a survécu à une époque démente, à des kilos de cocaïne et d'héroïne, passé à travers les années Sida, jamais oublié, toujours acteur, père et grand-père. celui pour qui Lou Reed composa la fameuse "Let's walk on the wild side". 


Celui qu'on a parfois pris pour une cruche juste bon à montrer son imposante musculature et à coucher dans un lit, est aujourd'hui un sage qui a toujours su garder la tête froide et a traversé toutes ces années (il a commencé alors qu'il n'avait pas vingt ans). 



Dans Little Joe, l'excellent film-documentaire produit par sa fille adoptive Vedra Mehagian Dallesandro et réalisé par Nicole Haeusser, qui a reçu un accueil enthousiaste au Festival de Berlin, Joe dalessandro exprime en quelques mots ce qu'il est vraiment et qui ne peut que rendre admiratif :
“I think it was because I didn’t have major hang-ups about my body when I was young, and I was so casual about nudity onscreen, that people got caught up looking at the surface. I know what it means to be judged on appearances. I’m a lot smarter than I appear to be. People would tell me I was beautiful, but I never knew what to do with that information. It didn’t register. I never really thought of myself as a good-looking man. I’m short, I’m stocky—I don’t know where good looks come in. I know beauty when I see it. All I can say is that I had a few good photographs taken where I look better than I do in real life. Beauty is fun. It has a place. But don’t mistake it for self-worth. If you have to be beautiful, do beautiful things for someone other than yourself.” 

On y apprend, outre cette attitude très intelligente face à la beauté et aux apparences, combien son cheminement a été riche, depuis ses années de délinquance juvénile jusqu'à sa découverte par Andy Warhol qui en fit une superstar mondiale, de super baiseur junky à grand-père gâteau vivant avec sa troisième épouse à Hollywood mais facilement accessible et toujours en activité à 65 ans. Un grand qui montre aux esprits rances que l'intelligence dépasse tous les préjugés.


A défaut de pouvoir diffuser Flesh qui marqua mon adolescence dans une mauvaise copie VHS, ci-dessous, le trailer du documentaire :






The window lover


On a beau dire (et tant pis pour le cliché, chers compatriotes qui me lisaient) il y a les villes du monde civilisé et celles du monde resté du côté obscur et il y a NEW YORK CITY ! Tout y est tellement special (à lire en anglais, please). Même Londres qui s'essaient à la concurrence reste loin derrière. Les exemples sont nombreux qui prouvent aux plus réticents combien cet axiome est fondé. Pour les garçons par exemple. Il y a ceux des films et des séries télé, de Friends aux films de Woody Allen qui ont quelques rapports avec la réalité. 


Mais il y a ceux qu'on croise dans la rue, qu'on voit dans les bars et les restaurants. Je ne veux pas parler des gay boys exclusivement. ceux-là, comme partout dans le monde se sont le plus souvent communautarisés au point de ne plus jamais sortir qu'entre eux et semblent se réjouir de faire partie d'un groupe bien clos, assez refermé sur lui-même, avec ses codes et ses lieux. Hadrien est amoureux de l'universel et le particulier qui s'enferme dans sa particularité l'ennuie, voire le révulse aussi. mais ne faisons aps de politique et revenons à ce qui nous occupe. l'esthétique des garçons de NYC. Ceux du Real World. Les jolis garçons rencontrés dans les musées, au coin d'une rue, dans les cafés et les restaurants, dans le métro ou dans les magasins sont différents de ceux qu'on croise partout ailleurs. est-ce une illusion ? Un rêve ? Une coquetterie d'esthète ou la pensée sénile d'un Hadrien trop habité par la beauté et la perfection ?


Quand vous vivez ici, c'est très difficile de savoir qui est quoi et qui vit comment. Et puis c'est tellement grand, tellement mouvant, différent, éclaté ici que tout change si vite. pourtant il y a des standards qui aident à se faire une idée.  Penons l'un des détails qui partout dans le monde permette en un clin d'oeil de se faire une idée du type de garçon que vous avez en face de vous : les chaussures. La ville et ses lieux de socialisation sont un véritable melting-pot de Church's, Sebagos Timberlands, pinnies, Brooks Brothers,  Juicy J graphic tees et autres marques.

On ne peut pas savoir si le jeune brun aux longs cils qui a un si charmant sourire, de jolies mains dont il se sert avec élégance, et de superbes mocassins est un poète ou un financier, un macaque infatué de son compte en banque ou un pauvre type paumé à la recherche de l'âme-sœur.  Les catégories sont brouillées à New York. alors il ne faut pas se fier aux apparences. d'ailleurs les new-yorkais ne font pas attention aux apparences sauf dans des cas précis : lors d'une private party, à l'opéra ou dans une galerie. Le discours passe avant tout, la culture, l'éducation et les manières puis l'accent, ne vient qu'après le reste la tenue vestimentaire et les souliers. On n'est pas en province, monsieur. Alors, Mesdemoiselles et Messieurs qui venaient nous rendre visite et gardez dans le secret de votre cœur le désir de faire une belle rencontre pour meubler votre séjour et occuper vos nuits, une créature de rêve, new-yorkais véritable qui vous suivrait jusqu'en Europe. Et puis, mettez-vous dans le crâne que les chasseurs et autres prédateurs dont la génération de nos grands frères doit avoir la nostalgie, ces bears poilus et barbus aux muscles à la Popeye adeptes des saunas et des backs-rooms sordides, sont heureusement en voie de disparition. NYC a inventé le métrosexuel et la bromance. pour le reste allez donc voir du côté de San Francisco. En plus on y mange vegan. Vive notre époque. On ne milite plus certes, mais on vit mieux, on est plus cool, plus heureux. Du moins c'est ce qui se ressent ici !

Après cette diatribe en réponse au long message d'un lecteur de Québec, revenons à moins de véhémence. La belle saison s'est installée ici et les belels personnes se multiplient comme par enchantement sur les trottoirs et dans les parcs où tout le monde ressent l'impérieux besoin de faire de l'exercice. Notre vie le week end reste pleine de ces rituels qui font les petits bonheurs et nourrissent nos âmes. farniente au lit en attendant le thé du matin. Lecture des journaux jusqu'au brunch pris avec les amis qu'on a peu vu dans la semaine, vie professionnelle et déplacements obligent. Auparavant, sortir le chien. C'est toi ou c'est moi aujourd'hui ? 


N'oublies-pas, mon cher David, de passer prendre le pain et les brioches chez Levain  sur la West 74th St. La semaine prochaine ce sera moi. Le chien semble avoir compris. il est déjà dans l'entrée tout frétillant. Le petit frère est rentré tôt. Il passe, mal réveillé, pour aller à la douche. peut-être devrait-il s'habiller avant de quitter sa chambre. On est en famille mais tout de même, ce jeune corps délicieusement ciselé et presque neuf encore des aléas de la vie pourrait se vêtir de pudeur. Il y a toujours un démon du désir qui sommeille en chacun de nous. je plaisante évidemment mais Benedict est très beau et il joue avec les nerfs de tous les mecs qui passent dans cet appartement jusqu'à ce que nous le rappelions à l'ordre. C'est un simple jeu, reste de son adolescence admirative de notre vie et de son grand frère. Pure straight ou bisexuel inavoué ? cela ne nous concerne pas après tout. Il est heureux, bien dans ses chaussures, des Timberland justement qu'il m'a piqué.



Le brunch avec Tom, Sophie et son compagnon Al, les jumeaux irlandais Fred et Patrick, la fille du consulat qui commence un peu à se dérider depuis le départ de son copain. Puis les courses chez Zabar's et le high tea avec les parents de David et Benedict qui partent mardi pour le Brésil. Encore une succursale de l'entreprise familiale qui n'en finit pas de grossir depuis dix ans. Dix ans moins quelques mois que David et moi sommes ensemble. la maturité est là. J'étais un jeune homme innocent quand j'ai débarqué. Je ne pensais pas que j'y resterai et ferai ma vie dans cette ville magique et époustouflante. J'ai erré de groupes d'amis en groupes d'amis, trompant ma solitude par de nombreuses rencontres qui ne durèrent que le temps d'un enthousiasme bien vite détrempé par la routine et le désir purement superficiel recherché par la plupart des garçons croisés. Puis David est arrivé dans ma vie. 

Puis j'ai commencé à travailler dans un univers passionnant, puis j'ai pu trouver l'activité qui me convenait le mieux et puis la France m'a de nouveau attiré. Le vin, le Médoc, les amis d'enfance, la famille. C'était bien mais ce n'était plus pareil. j'avais croqué la Big Apple et on ne s'en remet pas. et c'est bien. Et puis il y a David, et Benedict et ses autres frères, et ses parents, et mes amis. Une chose me manque mois qui vais bientôt fêter mes 45 ans... Des enfants. Il y a ceux de la sœur de David, ma petite filleule, la fille de mon amie Sophie, ceux de mes sœurs et puis le merveilleux petit bonhomme qui anime les jours de mon frère Nicolas et de sa femme depuis 4 mois et que je n'ai pas encore vu en vrai... mais ce ne sont pas les miens et cela sera mon grand regret je crois. a moins que... Mais, chers lecteurs, je vous ennuie avec mes états d'âme... Bon dimanche à tous !




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