© Valery Lorenzo
16 février 2012
Le garçon qui lit
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06 février 2012
Jours d'hiver (2)
Une cheville foulée. Mise à pied imprévue ( le jeu de mots était facile) qui m'oblige à rester chez moi quelques jours. Tant mieux. plus très envie de me coltiner les collègues et les patrons de la compagnie où je suis senior consultant. Le monde de la finance est sacrément secoué et c'est tant mieux. Après tout, faire de l'argent avec de l'argent, sans mouiller sa chemise - hormis les moments de stress où les paris sont aléatoires et les montants en jeu apparaissent soudain colossaux, de quoi faire transpirer les plus endurcis d'entre nous. Je me sens de plus en plus solidaire de ces gens qui arpentent Wall Street avec leurs pancartes et leur indignation. Mais ce post n'a pas pour but de relayer les débats politico-éthiques du moment. Quitte à paraître foncièrement égoïste,
je compte bien profiter de mes vacances forcées pour écrire, lire, visionner des films, cuisiner et aider David dans ses travaux universitaires. Il croule sous les piles de documents et le nouvel Apple que nous avons acheté va bientôt ronfler comme une chaudière en surchauffe. Se réveiller tôt le matin, comme à l'accoutumée, mais savoir qu'on peut rester au lit et prendre le temps de se retrouver. Douceur de son corps, le grain de sa peau, la vigueur de ses muscles.
Programme de ma deuxième journée ? Non, pas que du batifolage les gars ! David est à la bibliothèque. Les autres ont repris le chemin de leurs collèges respectifs. Je vais préparer un cake au jambon et des scones, regarder un vieux film des années 50, ranger la bibliothèque de mon bureau (les rayonnages à porte, je ne vais pas tenter de grimper à un escabeau avec mon pied handicapé !). Brinkley dort près du canapé, prêt à bondir si nous sortions. Il n'a pas tout à fait sais que je suis relativement immobilisé. Le chat lui, d'un œil, a bien jaugé la situation et ne quitte pas notre lit. Cette après-midi, David travaillera ici. J'aime quand nous sommes tous les deux, comme un dimanche, l'un à côté de l'autre sur le canapé ou bien lui à son bureau et moi sur le grand fauteuil anglais près de la fenêtre. Billie Holiday ou des suites de Bach. Le thé fumant sur le plateau avec les biscuits et les cookies. Puis en début de soirée, le délice d'une bouteille de vin de paille ou de Moscato d'Alba achetés chez le caviste de Hudson Street dans nos verres géants (tout est XXL dans ce pays) en regardant Affreux Sales et Méchants, ce film italien complètement déjanté des années 70 ou en dînant aux chandelles avec le garçon que j'aime, en tête-à-tête ou avec ses frères. Ce qui m'ennuie c'est que je ne pourrais pas prendre de bain avant qu'on m'enlève ce plâtre... J'en suis réduit à me doucher... assis. Comme un vieillard cacochyme !J'aime bien les jours d'hiver...
je compte bien profiter de mes vacances forcées pour écrire, lire, visionner des films, cuisiner et aider David dans ses travaux universitaires. Il croule sous les piles de documents et le nouvel Apple que nous avons acheté va bientôt ronfler comme une chaudière en surchauffe. Se réveiller tôt le matin, comme à l'accoutumée, mais savoir qu'on peut rester au lit et prendre le temps de se retrouver. Douceur de son corps, le grain de sa peau, la vigueur de ses muscles. Je ne suis pas un partisan de la Saint Valentin, bêtise commerciale inventée par ce système qui pousse à la consommation compulsive au nom du dieu Dollar, cependant la journée passée tous les deux, douce parenthèse dans notre quotidien bien occupé d'habitude, fut un délice. Faire l'amour avec celui qu'on aime, s'endormir dans les bras l'un de l'autre, assouvis et heureux, puis recommencer, avec tendresse ou avec fougue... Qui refuserait un arrêt-maladie dans ces circonstances ? Ravi d'avoir glissé sur cette dalle mal scellée. Comme Haddock à Moulinsart (j'étais à Cloisters avec Mark, David et Ben). Retour en taxi, deux heures à la clinique près de chez nous. Le médecin un peu précieux et rigolard qui louchait sur Ben. L'infirmière noire qui sifflotait en poussant ma chaise roulante. Des images de film.
Programme de ma deuxième journée ? Non, pas que du batifolage les gars ! David est à la bibliothèque. Les autres ont repris le chemin de leurs collèges respectifs. Je vais préparer un cake au jambon et des scones, regarder un vieux film des années 50, ranger la bibliothèque de mon bureau (les rayonnages à porte, je ne vais pas tenter de grimper à un escabeau avec mon pied handicapé !). Brinkley dort près du canapé, prêt à bondir si nous sortions. Il n'a pas tout à fait sais que je suis relativement immobilisé. Le chat lui, d'un œil, a bien jaugé la situation et ne quitte pas notre lit. Cette après-midi, David travaillera ici. J'aime quand nous sommes tous les deux, comme un dimanche, l'un à côté de l'autre sur le canapé ou bien lui à son bureau et moi sur le grand fauteuil anglais près de la fenêtre. Billie Holiday ou des suites de Bach. Le thé fumant sur le plateau avec les biscuits et les cookies. Puis en début de soirée, le délice d'une bouteille de vin de paille ou de Moscato d'Alba achetés chez le caviste de Hudson Street dans nos verres géants (tout est XXL dans ce pays) en regardant Affreux Sales et Méchants, ce film italien complètement déjanté des années 70 ou en dînant aux chandelles avec le garçon que j'aime, en tête-à-tête ou avec ses frères. Ce qui m'ennuie c'est que je ne pourrais pas prendre de bain avant qu'on m'enlève ce plâtre... J'en suis réduit à me doucher... assis. Comme un vieillard cacochyme !J'aime bien les jours d'hiver...
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05 février 2012
Jours d'hiver (1)
L'hiver favorise l'intimité. On a davantage besoin de se retrouver. Le froid dehors pousse au cocooning. Quand cela se fait à deux, c'est mieux. Ici, bien qu'habitués aux frimas, nous passons toujours par une période d'hébétude où se lever le matin pour se doucher, s'habiller, puis sortir et se rendre à son travail sont autant d'actions pesantes. Je resterai bien au lit et le lundi est un jour difficile. Mais peu à peu l'enthousiasme et l'optimisme reprennent le dessus. Les joies de l'hiver new-yorkais sont multiples. Les animaux nous montrent l'exemple : Brinkley qui adore sortir jusqu'au parc voisin, se précipité désormais pour faire sa petite ballade hygiénique et remonter à l'appartement. Aussitôt franchie le seuil, il se jette sur son coussin, près du radiateur, au pied de mon bureau. Quant au chat, il lisse sa belle fourrure d'hiver devant la fenêtre de la cuisine, confortablement assis sur la pile de livres de cuisine, lui aussi près d'un radiateur. Il ronronne de bonheur en voyant la neige tomber et les rares passants en bas dans la rue qui se pressent de rentrer chez eux. Ajoutez à cela la voix suave de Billie Holiday, la beauté de la lumière que diffusent les lampes du salon avec leurs abats-jours orangés, le parfum d'ambre et de cannelle qui se mêle à l'odeur de cire... vous aurez une idée de l'idée que je me fais du paradis. Et ce paradis, bien modeste aux yeux de certains, c'est le lieu où nous vivons. Les soirées musique succèdent aux repas entre copains. Cuisine italienne ou cuisine française. Verres de vins servis au coin du feu le soir. Discussions avec le petit frère de plus en plus présent et qui joue un peu le rôle d'un fils, espiègle et complice. Ambiance laborieuse aussi quand je dois terminer la correction d'un rapport financier ou que Mark a un dossier à présenter. Il a récemment planché sur l'école de New York dans les années 60 avec la poésie de Frank O'Hara que nous nous sommes amusés à traduire. Des amis viennent parfois passer la soirée. J'ai réussi à imposer - un peu - les horaires français et nous prenons l'apéritif vers 19 heures 30 pour dîner ensuite vers 21 heures. Dîner à 17 heures comme à l'armée ou dans les hôpitaux ne m'a jamais vraiment convenu. Mais "when in Rome...".
Et les nuits se font douces, tendres et lascives. Le grand lit confortable abrite de doux moments qui rendent la vie plus légère et l'avenir plus doux. Cela ne se raconte pas, mais se devine. Notre amour grandit au fil des jours et les saisons renforcent notre lien. Il nous préserve de cette vie hachée et cahotique que mènent bien des homos. D'aucuns veulent expliquer leur instabilité et la frénésie de rencontres et d'expériences sexuelles par un besoin de reconnaissance, une sorte de militantisme par l'exemple. Je n'en crois rien. J'aime les garçons et la relation amoureuse que j'entretiens avec celui qui partage ma vie depuis de nombreux mois suffit à nous combler. Nous formons un couple sans qu'il y ait un homme et une femme. Nous sommes deux garçons qui s'aiment et ont choisi de vivre ensemble. Point. Nul besoin de dragues et autres désirs sombres qui pousseraient l'un d'entre nous - où nous pousseraient tous les deux - à chercher l'aventure d'un soir. Baiser pour baiser, sauter sur tout ce qui bouge pour peu que les atouts entraperçus soient appétissants. Relations "kleenex" que j'abhorre depuis toujours. L'amour est une alchimie très complexe. L'amour des garçons l'est encore davantage. D'autres ont bien mieux écrit que moi sur ce sujet. En tout cas, et pour revenir à mon sujet à moi, l'hiver amplifie notre amour et notre tendresse. Vous l'aurez deviné, si j'aime le soleil et la douce chaleur de l'été, j'aime aussi beaucoup l'hiver...
03 février 2012
Many Loves by Allen Ginsberg
“Resolved to sing no songs henceforth but those of manly attachment” (Walt Whitman)
he brought me to my knees
and taught me the love of his cock
and the secrets of his mind
And we met and conversed,
went walking in the evening by the park
Up to Harlem, recollecting Denver,
and Dan Budd, a hero
And we made shift to sack out in Harlem,
after a long evening,
Jack and host in a large double bed,
I volunteered for the cot, and Neal
Volunteerd for the cot with me,
we stripped and lay down.
I wore my underwear, my shorts,
and he his briefs -
lights out on the narrow bed I turned to my side,
with my back to his
Irish boy’s torso,
and huddled and balanced on the edge,
and kept distance -
and hung my head over and kept my arm over the side,
withdrawn
And he seeing my fear stretched out his arm,
and put it aound my breast
Saying “Draw near me” and gathered me in upon him:
I lay there trembling, and felt his great arm like a king’s
And his breasts, his heart slow thudding against my back,
and his middle torso, narrow and made of iron,
soft at my back,
his fiery firm belly warming me while I trembled -
His belly of fists and starvation,
his belly a thousand girls kissed in Colorado
his belly of rocks thrown over Denver roofs,
prowess of jumping and fists,
his stomach of solitudes,
His belly of burning iron and jails affectionate to my side:
I began to tremble,
he pulled me in closer with his arm,
and hugged me long
and close
my soul melted, secrecy departed, I became
Thenceforth open to his nature as a flower in the shining sun.
And below his belly, in white underwear,
tight between my buttocks,
His own loins against me soft,
nestling in comradeship, put forth & pressed
into me, open to my awareness,
slowly began to grow,
signal me further and deeper affection,
sexual tenderness.
So gentle the man,
so sweet the moment,
so kind the thighs that nuzzled
against me smooth-skinned powerful,
warm by my legs
That my body shudders and trembles with happiness,
remembering -
his palms and figners flat against my skin
I fell to him, and turned, shifting,
put my face on his arm resting,
my chest against his,
he helped me to turn, and held me closer
his arm at my back beneath my head,
and arm at my buttocks tender holding
me in,
our bellies together nestling,
loins touched together, pressing and
knowledgeable each other’s hardness,
and mine stuck out of my underwear.
Then I pressed in closer and drew my leg up between his,
and he lay half on me
with his thighs and bedded me down close, caressing
and moved together pressing his cock to my thigh and mine to his
slowly, and slowly began a love match that continues in my imagination to this
day a full decade.
Thus I met Neal & thus we felt each other’s flesh and owned each other bodies
and souls.
So then as I lay on his breast with my arms clasped around his neck and his cheek
against mine,
I put my hand down to feel his great back for the first time,
jaws and pectorals
of steel at my fingers,
closer and stiller,
down the silken iron back to his waist,
the whole of his torso now open
my hand at his waist trembling,
waited delaying and under the elastic of his briefs,
I touched the smooth mount of his rock buttocks,
silken in power, rounded in animal fucking
and bodily nights over nurses and schoolgirls,
and solitudes on curbs, musing fist in cheek,
Ass of a thousand farewells, ass of youth,
youth’s lovers,
Ass of a thousand lonely craps in gas stations ass of great painful secrecies of the years
O ass of mystery and night!
Ass of gymnasiums and muscular plants
Ass of high schools and masturbation ass of lone delight,
Ass of mankind, so beautiful and
hollow, dowry of Mind and Angels,
Ass of hero, Neal Cassady, I had at my hand:
my fingers traced the curve to the bottom of his
thighs.
I raised my thighs and stripped down my shorts to my knees,
and bent to push them off
and he raised me up from his chest,
and pulled down his pants the same,
humble and meek and obedient to his mood our silence,
and naked at long last with angel & greek & athlete & hero and brother and boy of my dreams
he asking me “What shall we do now?”
- And confessed, years later, he thinking I was not a queer
At first to please me & serve me,
To blow me and make me come, maybe or if I were
Queer, that’s what I’d likely want of a dumb bastard like him.
But I made my first mistake,
and had made him then and there my master, and
Bowed my head, and holding his buttock
Took up his hard-on and held it,
Feeling it throb and pressing my own at
His knee & breathing showed him I needed him, cock, for my dreams
of insatiety & lone love.
-And I lie here naked in the dark, dreaming
Allen Ginsberg, Arctic. August 10, 1956
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02 février 2012
07 janvier 2012
Les Chansons d'Amour, "Ma Mémoire sale"...
Un des plus jolis moments du film de Christophe Honoré et pour beaucoup d'entre nous, des réminiscences de moments inattendus et délicieux de nos jeunes vies, nouvelles expériences, rencontres fortuites et délices qu'on n'osait même pas imaginer.
Ceux d'aujourd'hui, avant même que de les vivre, les ont découverts, ces jeux innocents et pervers qu'on n'a jamais appris mais que l'instinct nous fait reproduire. Eux les ont vu maintes fois sur les écrans, en cachette, rougissants. Ah, où est donc la joyeuse innocence, la virginité de nos cœurs et de nos sens quand les yeux ont trop tôt surpris l'incroyable ballet des corps ?
Nota Bene :
L'hypocrisie de YouTube et autres culs-de-plomb yankees censurent cette vidéo (!?!) : "cette vidéo est soumise à une limite d'âge", comme si les garçons - et les filles - de moins de 15 ans ne regardaient pas pire sur les réseaux... Il vous suffit de cliquer sur la mention "Regarder la vidéo".
Les jambes d'homme de Dargelos
05 janvier 2012
Retour au bercail
Clin d’œil. Le garçon au guichet de l'agence de voyages a de très beaux yeux bleus et un sourire qui ferait fondre la banquise. pas besoin de cela puisqu'elle fond à grande vitesse. Indécente plaisanterie. On ne rigole pas avec le réchauffement climatique. Retour dans le froid mais plein de joie. Bonheur de retrouver la maison, la rue, les voisins, les amis. Demain le bureau, le bar favori, la salle de gym. Et le blog.
Joie et bonheur de ce mois de janvier qui commence. retrouvailles avec David, Paul, Craig et les autres. Brinkley me fait une fête d'enfer. Pas le chat qui boude et ne vient pas tout de suite, comme pour marquer sa désapprobation devant tant d'animation. Il daigne se lever du canapé, jette un regard méprisant vers nous, s'étire, et retourne se coucher...
Bonheur de retrouver New York City, même si le temps n'est pas beau et qu'il fait bien plus froid (mais moins que d'habitude) qu'en France... Le jour de Noël, nous avons pris le café sur la terrasse. La pluie ne tombait plus, la campagne sentait bon comme toujours après une averse et le ciel était dégagé comme en automne. Le thermomètre marque à peine 2° en dessous de zéro. J'ai connu des débuits d'années bien plus proches des -10° ! Joie aussi de retrouver mon ami, mon frère, mon amant. Joie de cette complicité tranquille, de cette relation paisible où personne ne cherche à dominer l'autre, à en imposer. Relation affective dense et irraisonnée, faite de confiance et de tendresse que je sais être rare et admirée par ceux qui nous entourent. Mon compagnon est discret mais omniprésent, doux mais viril, patient mais exubérant et par dessus tout merveilleusement bien élevé, inventif et posé. Notre relation coule de source. Notre amour se renouvelle jour après jour et, dieu voulant, nous vieillirons ensemble...
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