16/07/2014

Comme un enfant sage tu m'attendais


Je m'en souviens comme s'il s'agissait d'hier... Nous avions rendez-vous dans ce jardin que nous aimons tant tous les deux, à deux pas de l'appartement que j'occupais dans la 84e rue, où nous jouions "Friends" avant "Friends". Riverside Park était rempli de ces odeurs estivales qui font oublier le bruit et la pollution de New York, quand le ciel est dégagé, et qu'une douce brise mêle aux senteurs de l'Hudson des volutes d'herbe coupée et de lilas. Je pensais te retrouver sur ce banc où nous nous étions assis quelques jours plus tôt pour la première fois. Une vieille dame énorme y était installée avec une autre toute menue. Tu n'avais pas pu t'y installer sûrement. je te cherchais des yeux. Soudain je t'aperçus. Au milieu de la pelouse, à côté d'un groupe d'enfants qui jouaient avec un jeune chien, tu étais couché dans l'herbe, à plat-ventre. Je te voyais de dos qui rêvassait. Je n'avais d'yeux que pour ta nuque, cette partie de ton corps qui me fit tant d'effet lorsque nous nous sommes rencontrés. L'implantation de tes cheveux, haute qui te donne un air de jeune gladiateur, les muscles saillants, et le lobe de tes oreilles joliment dessiné... J'y retrouve les portraits du Prince Eric des Signes de Piste que lisait mon frère et dont les illustrations me faisaient rêver, ces êtres superbes, hyperboréens radieux. Tu as dû sentir que j'approchais, car tu t'es retourné soudain et j'ai vu ton sourire, tes yeux brillants où je lisais cet amour partagé qui demeure après tant d'années... C'est à cause d'un souvenir comme celui-là que je ne suis jamais reparti d'ici et c'est bien.

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