21/06/2018

Un si charmant sourire

 

Juste pour fêter le dernier jour de travail de la semaine. Nous partons demain pour Vancouver. Deux semaines de vacances. Enfin !

16/06/2018

Narcisse a grandi


Intimacy


Avec l'été qui vient...


Avec l'été qui vient
De bien des choses, je me souviens.
Notre première rencontre
Ton regard déjà tendre
Et puis ce geste délicieux
quand avec tes amis tu es reparti
de ce bar où je venais pour la première fois
Tu as levé la main, discrètement
Personne n'en a rien su
Il n'y a que moi qui l'ai vu
Avec l'été qui vient...   

Ces vers mal tournés et jamais retravaillés, je les ai écris pour Eric, un garçon croisé par hasard dans un bar de la ville où j'ai grandi. Freshman, je goûtais depuis quelques mois aux délices de ma nouvelle liberté d'étudiant. Favorisé, j'occupais avec une de mes sœurs le bel appartement de la famille, j'avais une voiture, de l'argent, et les parents très occupés par les vignes ne s'occupaient guère de nous qu'ils jugeaient désormais assez grands pour se débrouiller seuls. Je sortais beaucoup mais restais encore bien mal dégrossi, timide et tellemet peu sûr de moi. Je n'avais pas dix-neuf ans. 

Ce soir-là, es mais et moi, nous nous étions esquivés d'une soirée trop morne. Un de ces rallyes où nous croisions toujours les mêmes têtes. Un nouveau bar venait d'ouvrir. on en parlait beaucoup à la fac. Nous y sommes allés. Je pénétrais à peine les lieux que j'en aimais l'ambiance. Et puis, au comptoir, entouré d'un groupe de filles et de garçons, il était là. Brun, les cheveux bouclés, une allure dégingandée, souriant, avenant et visiblement très apprécié du petit groupe qui semblait former une cour à ses pieds. Il me vit dans le grand miroir qui couvrait le mur derrière le bar et se retourna. Il plongea ses yeux dans les miens et je fus en une fraction de seconde comme pénétré par une onde magique, électrique. C'était fin juin, je venais de terminer mes examens, l'année scolaire se terminait. J'allais partir sur le bassin rejoindre la famille. Il y partais aussi. Nous nous sommes revus, une fois, deux fois puis tout se passa très vite. Je me souviens... Notre premier baiser dans sa voiture. La buée sur les vitres. Son rire. Puis notre première nuit, dans ma chambre...

21/05/2018

I am God and King and Law !



And he wore a kingly crown ;
And in his grasp a sceptre shone ;
On his Brow this mark I saw :
'I AM GOD AND KING AND LAW.'

 (Shelley - La Mascarade de l'Anarchie)

15/05/2018

Quatorze ans déjà



Tu es rentré dans ma vie il y a quatorze ans aujourd'hui. Un jour de grande chaleur, presque étrange pour cette période quand mai hésite le plus souvent à s'habiller de lumière et de senteurs et que les brumes océanes portent encore les remugles des frimas récents. C'était sur le campus de ton université. un lieu où filles et garçons jouent aux étudiants britanniques, certainement à cause du décor, ces grands arbres centenaires, les murs de brique des collèges et ce fairplay si peu américain que cultivent les WASP de la côte Est. Je sortais d'un séminaire, tu venais de passer le premier de tes examens. Tu étais avec quelques amis et un jeune professeur. Je passais avec un ami enseignant débutant lui aussi. Les deux se connaissaient bien. Nous nous sommes arrêtés. Présentations. Poignées de main. Sourires. Le tien me fit l'effet d'un souffle de fraîcheur et de possibles. Premier regard échangé. Battements de cils et battements d'ailes. Comme un coup délicieux reçu en pleine poitrine. Nous avons fini la soirée tous ensemble. Tu étais attablé avec tes amis quand nous sommes arrivés. Second regard, fort, profond, plein de sens. Devant toi un livre était posé. Un recueil de poésie de Frank O'Hara que je venais de découvrir. Vous étiez tous de futurs architectes, avocats, linguistes ou journalistes. J'avais terminé Sciences Po en France, fait du droit dans la même université et tâté un peu de l'écriture, toujours à Columbia. Pourtant j'avais un peu dévié. Mal tourné me diras-tu un jour où nous étions nous disputés. J'étais en train de devenir banquier d'affaires. Tu t'acheminais avec détermination vers ton Ph D de philosophie et de littérature. Combien de goûts communs, d'idées semblables et d'envies similaires. Tu étais mon cadet de quelques années. Sept ans exactement. Je ne voyais plus que toi, je n'entendais plus que toi. Tu allais devenir mon petit frère, mon âme sœur, le compagnon de mes bons et de mes mauvais jours. Tout en moi le pressentait. Nous avons longtemps parlé ce soir-là. La nuit est vite passée et ce n'est qu'à l'aube du second jour que nous nous sommes embrassés, comme deux jeunes adolescents timides... C'était, te rends-tu compte, il y quatorze ans déjà...

14/05/2018

B&W Beauties







Thanks to Another Country (Esta noche) and thanks to Frank, Paul and Simon.

Hoppipolla by Sigur Rós


Hoppipolla


Bonjour lecteurs.

Frisquet ce matin ici mais le soleil est là et il devrait faire beau et chaud toute la journée. Un lundi matin comme je les aime. A la maison. Promenade du chien, petit-déjeuner en musique. Rangements, lecture... Cela va être cool. 

Je profite de mon retour sur blogger (pardon lecteurs, mais le temps passe si vite et on a tellement tendance à courir trop et par habitude aussi...) pour vous parler d'Hoppipolla. Pas la chanson de Sigür Ros, non un site sur Tumblr. Ce n'était qu'un jeu au début - il y a plusieurs années déjà - une boutade, un passe-temps esthétique décidé au hasard de nos errements sur le net. Chronophage comme tout ce qui a trait aux dits "réseaux sociaux", davantage outils de désocialisation à mon avis contrairement à ce que nous chantent les Mark Zuckerberg et compagnie. 

Mais finalement, le flot d'images qui s'entassent dans nos disques durs et autres clés USB, méritent bien d'être montré. C'est ainsi que la boutade sur Tumblr a repris du souffle et que nous l'entretenons gaiement (pas de jeu de mot genré, je ne me défausse toujours pas - le ferai-je jamais ? - de ma position/conviction initiale : amitié ou amour entre garçon = sphère privée, affaires personnelles, confidentialité et le sexe entre garçons conséquence de cet attrait amitié-amour donc n'est aucunement constitutif de ce que nous sommes).


Bref, rien à voir avec la pseudo culture-gay et tout l'attirail petit-bourgeois des militants de la gay attitude, très vieillot tout ça. Juste des moments et des bribes d'esthétique, de beauté et de charme. 
Non pas que je méprise ou moque ceux qui préfèrent les mâles post trentenaires, velus, poilus et charnus, qui aiment la violence et la force agressive dans leurs rapports sexuels, qui se rêvent en femme et féminisent tout à défaut d'en être (des femmes), mais la beauté et le charme se manifestent pour moi uniquement dans la jeunesse, la pureté et rien dans ma vie ne cherche à choquer ou bousculer. 


Si je vis avec un garçon que j'aime, si je dors avec lui et que nous échangeons tendresse et volupté, cela ne me fait différer en rien du reste de mes semblables qui n'ont pas le goût, le désir ni la chance de connaître les délices de l'amour entre garçons, amitié transcendée, désirs partagés qui ne regardent personne d'autres que nous. Mais pas de polémique, de leçons de philosophie, anthropologie ou sociologie. 

L'homosexualité est une invention du XIXe siècle, un désordre pour les théologiens des trois religions du Livre mais pas une maladie, ni une damnation. L'antiquité, le Moyen-Age, la Renaissance en avait fait une attitude normale dans les limites qu'imposaient religions et nécessités sociétales, pas une tare. En revanche, les folles remuant du derrière, parlant au féminin, en cuir, barbe et moustache et poils de singe sur tout le corps, vêtus de froufrous roses ou déguisés en religieuses, chantres de la culture gay, me semblent totalement hors-jeu, démodés, absurdes et pathétiques. Mais, encore une fois, cela n'engage que l'auteur de ces lignes (et ceux - nombreux - de ses amis qui pensent comme lui). On en reparle; le débat est ouvert. Sans polémique, ni prosélytisme, of course. Bonne journée.


Mais après avoir répondu publiquement à cet mail reçu il y a quelques jours et dont le contenu était assez violent sur le sujet et à mon égard et qui a suscité les lignes ci-dessus, revenons à Tumblr. Hadrianus y publie des images reçues ou découvertes au hasard de nos promenades sur le net. Abonnez-vous. C'est gratuit.Et si ce n'est pas déjà fait, téléchargez l'application "c'est encore plus sympa niveau présentation" comme m'écrit un lecteur. Bonne visite au Tumblr d'Animula Vagula Blandula !


25/03/2018

Rêverie


Would you know Him, look again...





Glorious eyes, and sad young Face,
But the look of a King was there;
Oh the boy was wondrous fair:
Fairer than the sons of men;
Would you know Him, look again.
See the nimbus cruciform
Round his Head, in the sunlight warm;
This the boy most fair to see,
Altogether lovely He.



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