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27 juin 2019

Mon copain Rachid


Retrouvé cette perle, un court-métrage de 1998 réalisé par Philippe Barassat, avec Frédéric Mitterrand lisant un texte de Camus en introduction. Cela date de l'époque où les esprits étaient moins hypocrites et loin d'être bégueules... La qualité de l'image est loin d'être terrible mais c'est tellement parlant cette évocation du vert paradis de l'enfance... J'y retrouve nos chaudes approches au tout début de l'adolescence du désir et de la connaissance de nos corps. Aujourd'hui, on crierait au scandale ! : https://www.dailymotion.com/video/xatoju

15 mai 2019

Le corps des garçons : le buste (2)



Les garçons disposent naturellement, pour la plupart d'entre eux, une charpente solide et des muscles latents qui ne demandent qu'à se développer. Vestiges des ancêtres rudes et sauvages, le mâle qui s'adonnera d'instinct à des exercices physiques, passera de l'état chétif du garçonnet à celui d'éphèbe en progrès avant d'atteindre à la fin de l'adolescence la perfection. L'âge des dieux disaient les anciens. De nos jours la surenchère produit, via les modes que nous envoient les américains, des garçons hyper-musclés, trop larges, trop forts, trop grands. Tout cela est artificiel. Rien de tel que la beauté des très jeunes, avant les litres de bières qui donnent du ventre et font les chairs flasques, avant les poils qui gâchent ces poitrines glabres et ces fesses joliment rondes. la cambrure du garçon est une perfection. Elle disparait hélas souvent chez le jeune adulte et passé trente ans, il ne reste plus grand chose de la fascinante plastique des demi-dieux, sauf à quelques exceptions près... Je préfère de loin - et cela depuis que j'ai regardé pour la première fois des garçons de mon âge - les corps naturellement développés, harmonieux et joliment proportionnés des jeunes mâles entre 15 et 20 ans.

29 janvier 2019

Lui

Il m'avait invité par un petit mot très doux. En pièce jointe, une photo de son visage. Il devait à peine avoir 18 ans. Les avait-il seulement. Il n'avait pas froid aux yeux et m'avoua dès notre premier échange son penchant pour l'exhibitionnisme devant une webcam. jamais en vrai. Il était vierge sinon puceau. Sang chaud dans un corps très souple, joliment fait mais presque trop fin. Sa musculature en devenir lui faisait un air d'enfant fragile. Sa virilité me surprit. Nous avons fini par nous rencontrer, deux ans après nos premiers échanges par téléphone. Il passa cinq jours à New York. Puis il rentra chez lui à Montreal, nous nous sommes écrits quelques fois puis plus rien. Il devrait avoir pas loin de la trentaine maintenant. J'aimerai voir à quoi il ressemble, lui qui m'avait promis de se mettre à la natation, à l'athlétisme et à la musculation...





28 octobre 2018

Preuves d'amour













Jeune dieu, prends ton envol


Tu sais ce que tu veux et tu l'exprimes. Tu sais ce que tu crains et tu t'en prémunis. Tu gardes un cœur et une âme d'enfant mais des années d'entraînement dans ton club de natation ont sculpté ce corps d'homme dans lequel tu es bien plus à l'aise que d'aucuns à ton âge. Tu viens de fêter tes 17 ans. Mineur encore mais largement mature pour aborder les rivages de l'amour et tu le sais. Pourtant, au seuil du passage, tu crains encore de te tromper. Ton désir devenu trop fort pour pouvoir être contenté en solitaire. Tu recherches l'âme sœur mais tu souhaites que cette première vraie fois soit un feu d'artifice, un moment inoubliable, beau et joyeux, clair et somptueux. Au lieu de ça, les garçons que tu rencontres n'ont à t'offrir rien que du médiocre, un coup à la va vite, une soirée entre deux portes, une back-room sordide. Tu attends le frère, le compagnon, l'alter-ego mais tu voudrais que pour cette première fois, l'autre soit un homme, vrai, doux, aimant. Cela ne devrait pas être difficile d'en trouver un tellement tu mesures combien ta beauté irradie, combien tu es doté par la nature pour satisfaire tous ceux qui auront la chance de croiser ton chemin. Mais les écueils surgissent vite dans les amours entre mâles. Tu voudrais pouvoir tomber amoureux de quelqu'un de solide et de tendre, d'attentif et de passionnant qui sache te tenir la main quand il faut et te laisse libre aussi. Tu ne croises que des pervers ou des vicieux qui cherchent juste à passer un moment avec toi. Ils sentent que tu es pur encore et cela les excite, davantage encore que ta jeunesse et ta beauté. Pourtant, après plusieurs échecs, le gentil petit gars de Detroit avec qui tu as passé la soirée au club l'autre jour, avec qui rien ne s'est passé sinon quelques caresses et de longs baisers, t'a présenté Matt, son ancien professeur de littérature au collège et son oncle. Matt a presque 40 ans. Comme toi, il nage. Comme toi il recherche l'amour. Il a été gentil avec toi parce que tu étais avec son neveu. Il est resté distant. Tout montrait que ton corps, ta voix, ton sourire ne le laissaient pas impassible. Mais il restait à distance. Tu as vingt-deux ans de moins que lui... Il pourrait être ton père ou un ami de ton père... Pourtant c'est lui, tu en es certain désormais. il aura fallu une soirée et deux rencontres, une à Central Park, l'autre à la piscine de Chelsea Piers. Matt semble t'éviter pourtant. Tu racontes cela à Peter et à Sebastian qui m'en parlent. Qu'à cela ne tienne, nous inviterons Matt et son neveu à l'anniversaire de Peter. Prends patience petit, si quelque chose de fort et de vrai doit naître entre vous, cela naîtra. Si rien ne se passe alors, tu tourneras la page...

01 octobre 2018

Méditation


Perdu dans tes pensées, tu oublies le temps qu'il passe. Il faudrait te lever, aller te doucher et rejoindre les autres, les cours vont commencer mais tu songes à l'ami qui n'est pas venu, à l'absent par qui tout est dépeuplé et dont l'odeur, la chaleur, la douceur et le rire te manquent déjà. Ta peau, tes muscles, tes doigts, tes lèvres gardent le souvenir de tout ce qu'il était, le jour, la nuit, dans tes bras, entre les draps, vos rires, vos soupirs, vos cris de joie et le plaisir partagé tant de fois, les joutes amoureuses sans cesse recommencées, puis la douceur du sommeil vos deux corps enlacés... Et puis ces vers d'Appolinaire que tu savais par cœur et que nous récitions ensemble : 
 
Toi qui fis à l'amour des promesse tout bas
Et qui vis s'engager pour ta gloire un poète

O rose toujours fraîche ô rose toujours prête
Je t'offre le parfum horrible des combats

30 septembre 2018

Red hair and blue eyes...

...Perfection !

Anything once...


Etre hétéro et avoir envie un jour de sexe avec son meilleur pote, gay. Quelle affaire. Cela peut sembler bizarre, un peu tordu peut-être aussi... N'avoir jamais été qu'avec des garçons, simplement parce que le désir est venu un jour en même temps que la puberté et que le désir s'est dévoilé sans mystère vers les garçons plutôt que ves les filles. Quelle affaire là encore. Et puis le gay accepte une première expérience avec une fille. Résultat plutôt positif. Mais cela ne remplace pas cette sensation d'être entre soi dans l'amour entre garçons, savoir exactement ce qu'il faut à l'autre, et connaître d'avance ce dont il a besoin comme on sait d'avance comme il est fait, ce qu'il ressent, entre garçons. Le mystère est dans l'alchimie amoureuse. 

Pourquoi, parfois, ce n'est plus de désir et de sexe dont il s'agit, mais d'amour ? Une attirance totale est absolue. Mais société hétéronormée oblige, l'instinct et le désir profond, en dépit de cet atavisme remontant à la nuit des temps que l'on a tellement refoulé et enfoui sous des préjugés et des blocages, la chose arrive rarement. Pourtant, lorsque le garçon hétéro découvre l'amour entre garçons avec son meilleur ami, gay, voilà soudain que tout s'éclaire... Il sait. Au-delà du côté expérimental, simple accident, parenthèse unique dans sa vie d'amateur de filles, il y a, forcément, un goût de revenez-y. S'il est honnête avec lui-même, il se dira, sous les draps, parce que c'est lui et parce que c'est moi tout à la fois. 

Ce court-métrage daté de 1998 illustre avec un bel humour et beaucoup de tendresse cette situation :

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28 septembre 2018

Qu’y a-t-il dans cet amour qui n’ose pas dire son nom ?

T'en souviens-tu, mon doux ami, mon petit frère, quand je te lisais ces pages d'Oscar Wilde quand il s'interroge sur l'amant présumé de Shakespeare (The portrait of W.H.) ? Tu n'avais pas vingt ans, j'en avais un peu plus. Dehors le vent et la pluie faisaient rage. Le poêle colorait nos corps nus et les draps .de pourpre et d'or... Et les mots chantaient dans la chaleur de la chambre : "...Its dreamy wistful eyes, and its delicate scarlet lips." ("...Ses yeux rêveurs et mélancoliques, et ses délicates lèvres écarlates")... Et quand je t'ai lu ces mots peut-être d'une voix tremblante,  "...But heaven in thy creation did decree, / That in thy face sweet love should ever dwell",("...Mais il fut décrété par le Dieu créateur / que l’amour à jamais vivrait dans ton visage."), tu t'es relevé soudain et a posé un baiser sur mes lèvres et la magie de nouveau a réuni nos corps.

L'incroyable beauté qu'on réserve pour les dieux


Comment rester de marbre devant autant d'harmonie et de beauté. Force, vigueur, jeunesse, l'homme est là tout entier dans sa puissance de guerrier mais la pureté de l'enfance, la fraîche rondeur de la première jeunesse que magnifie cette virilité tout force le désir et l'impatience. L'âge intermédiaire, celui qu'au Parnasse, on réserve aux dieux. Plus un enfant et déjà un homme, l'âge divin, éphémère moment où le corps du garçon est perfection autant que pureté.


Aimer à perdre la raison


Cette image comme un tableau du Caravage. Contemporaine mais hors du temps, œuvre d'art née d'un désir assouvi, d'une réalité inattendue, et aussi certainement d'un travail de mémoire, une rencontre fortuite, le hasard qui n'en fut certainement pas un et une longue nuit d'un bonheur indicible, d'un partage de tendresse et de force, et puis, le plaisir partagé, la douceur de deux corps en harmonie qui reposent enlacés, apaisés...

23 septembre 2018

Bon dimanche


Jolie silhouette et belles nuances de bleus pour rêver sous le ciel bleu de cette arrière saison qui rend New York si beau, comme sont beaux les garçons après l'été et son insouciance.

Le film Mario, ou quand deux joueurs de foot s'aiment d'amour...


Mario est un film suisse qui est présenté depuis quelques mois sur les écrans. Une découverte et une heureuse surprise. Non pas un énième film à la Brokeback Mountain. Juste une histoire douloureuse qui pourrait être racontée avec comme toile de fonds n'importe quel sport, ici en Amérique mais aussi partout ailleurs dans le monde. Combien d'athlètes gays, jeunes ou moins jeunes osent être ce qu'ils  sont devant leurs camarades, leurs entraîneurs, les sponsors et le public ? Il y a le discours flamboyant de générosité des intellos, des politiques, même des religieux - éclairés - sur l'égalité de tous, le droit de tous à une vivre librement son orientation sexuelle. Il y a les militants LGBT dont le combat est avant tout une lutte pour exister, un combat pour être reconnus comme l'enfant frêle cherche à provoquer l'attention du père solide. Nul autre combat à mener si ce n'est d'assurer que la dépénalisation de l'homosexualité doit être définitivement inscrite dans les tables de la loi universelle. Chacun doit pouvoir vivre et s'épanouir avec l'identité sexuelle (je n'aime pas l'expression, mais quoi de plus clair) qui est la sienne. Débattre s'il s'agit d'un choix ou d'une orientation innée, déterminée par pleins de facteurs génétiques, chimiques, mentaux, sociaux, est un débat inutile. Choisir de l'assumer et choisir d'être heureux de le faire est un sujet qui mérite qu'on s'y intéresse car de ce choix dépendra la vie entière de l'individu, son bonheur et son épanouissement. Les lecteurs d'Animula Vagula Blandula connaissent la position d'Hadrien !


Ainsi, le film suit Mario, un jeune footeux passionné - bien qu'on découvre au fil des images que cette passion a été lourdement induite par son père, joueur raté qui projette dans son rejeton mille rêves qu'il n'a pu vivre - et doué qui est remarqué par son club qui envisage de le faire passer chez les grands, en première division. Il a le football dans le sang tout en sachant le poids que son père fait peser sur lui. soudain tout bascule ou risque de basculer : Mario va tomber amoureux d'un autre joueur, aussi bon que lui, beau, solaire, épanoui, solide. Cataclysme chez le garçon. Quel choix sera le sien ? Le désir, la passion, l'affection, ou le sport et la réussite ?  la caméra très sensible, la finesse du jeu des acteurs, les deux héros bien sûr, mais aussi les seconds plans, les autres joueurs, les parents, les entraîneurs, les amis, une manière de suivre au plus près le protagoniste dans son dilemme, la liberté avec laquelle le cinéaste montre les corps qui s'aiment, sans aucune image triviale mais avec un respect plein de pudeur, et la description du milieu dans lequel tout cela se déroule, font que les deux heures du film passent sans qu'on s'ennuie une seconde...


Nous avons vu le film sur grand écran, Mark et son frère, deux amis de passage et moi . Tous nous étions soufflés par le jeu des deux acteurs, Max Hubacher (Mario) et Aaron Altaras (Leon), leur naturel et leur présence. Bob, acteur apprenti à Los Angeles, en est sorti des étoiles dans les yeux. "Ces allemands" nous a-t-il dit, "c'est l'Actor's Studio puissance 10 !" Voir s'entraîner, sur les campus mais aussi sur les terrains de sport partout autour de nous est quelque chose d'habituel. On prend tous plaisir (qu'on aime les garçons ou pas), à les voir évoluer sur le terrain , courir, feinter, marquer. Il y a quelque chose de très sensuel dans leur expression : avec leurs visages marqués par l'effort, leurs muscles tendus, leur tenue relâchée, leurs torses le plus souvent dénudés, il émane d'eux une impression de santé physique autant que mentale. et pourtant, combien parmi eux sont en proie au doute, à la peur, au désarroi parce qu'ils se réveillent la nuit en sueur, avec l'image d'un de leurs camarades aperçu la veille, au vestiaire ou sous les douches dans la splendeur de sa jeune virilité... 

Quand pour le National League, nous sommes des dizaines de milliers sur les gradins à acclamer nos joueurs préférés, et les autres, est-ce que nous réalisons que forcément parmi eux, ces vedettes indéboulonnables, il y a de jeunes homosexuels refoulés ou non, mais qui en tout cas sont toujours dans le placard... Comme les gamins qui jouent sur la pelouse du parc juste en face de moi, ces professionnels guère plus âgés, meilleurs parce que mieux et davantage entraînés, est-ce qu'ils représentent la société moderne, ici à New York, en France, en Suisse, en Angleterre, ailleurs encore ? Au moins sur une chose. L'éléphant dans un magasin de porcelaines, en terme de diversité, reste la sexualité. Ce film venu de Suisse qui traite de l'unassuming - pas trouvé en français le mot qui dirait aussi simplement les choses - et me fait écrire ces lignes, montre clairement, dramatiquement, sans jamais forcer le trait, pourquoi un jeune homme gay en plein décollage professionnel pourrait avoir à choisir de rester dans le placard. Dans les sports de ballon, en tout cas  dans les premières divisions et à ma connaissance, ce qui doit bien faire une centaine de clubs en occident, il n'y a aucun joueur ouvertement gay...Quand comme dans le film, les rumeurs, la jalousie et les intérêts financiers se mêlent de la vie privée de deux jeunes hommes que tout cela pourrait briser alors qu'il serait de notre devoir à tous, d'entourer leur amour de mille précautions, de discrétion et de respect parce qu'en dehors de l'amour etd e la bienveillance, nos vies ne servent absolument à rien. Et qu'on ne nous dise pas que là aussi il suffit de traverser la rue pour que tout change...


L'argent avant les Droits de l'Homme.


Deux heures de bon cinéma, poignant, émouvant mais jamais pleurnicheur ni bien pensant. Marcel Gisler a su tenir en haleine et rendre ses protagonistes (j'allais écrire ses joueurs) vivants et proches. Le thème aurait pu donner un énième film larmoyant sur les amours impossibles de deux jeunes demi-dieux dans un univers de gros méchants stupides pas beaux. C'est tout le contraire. On suit de jeunes gens confrontés au même dilemme et qui vont réagir différemment, mais avec les mots de tous, les sentiments les plus ordinaires, la souffrance la plus réelle. Rien d'esthétisé, de romanesque. La réalité d'une situation dure et tendue. Mais aussi un message clair et sain qui fait bien mieux que toutes les prises de position, les actions et les manifestations des associations LGBT !


Une énorme et inutile pression pour un tabou stupide.

Marcus Urban, un joueur allemand qui a révélé son homosexualité, très engagé sur les questions de diversité dans le sport de haut niveau, a parlé de la pression énorme qui pèse toujours sur les professionnels du milieu. Il a expliqué au réalisateur : "Outre le talent sportif, il leur faut disposer d’une constitution psychique très forte pour tenir le coup. Un joueur homosexuel doit non seulement supporter la même pression que les autres professionnels, mais aussi être dans un jeu de cache-cache permanent. Cela m’a donné l’idée de créer deux caractères différents qui souffrent du même conflit. Mario est le joueur au cuir épais, qui supporte mieux la pression. Léon est quant à lui moins apte à réprimer ses désirs, il est moins doué pour se mentir à lui-même.

Mario n'a pas d'alternative. Avouer son amour et son homosexualité et prendre le risque d'une carrière avortée. Est-ce que cela règlerait l'homophobie du milieu ? Rentre la tête dans les épaules et nier pour poursuivre sa carrière ?  Il sera toujours temps ensuite de révéler son identité sexuelle... Une saine réflexion que le spectateur va partager avec Mario et Leon aux réactions différentes... Sans rien spoiler, les amateurs de Happy Ending dans les dernières minutes du film pourront penser que tout est toujours possible et que ces deux-là, si beaux dans la découverte et la montée de leur amour, se retrouveront un jour... C'est en tout cas la conclusion à laquelle je suis parvenu en écoutant la bande son du générique de fin...