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15 février 2022

Un lecteur attentif

 National gallery, Washington, DC, 1942

David et moi étions il y a peu les invités de son grand oncle, Joseph, ancien conservateur d'une des bibliothèques de Washington. il vit seul, à trois blocs de chez nous. Veuf depuis ses trente-cinq ans, et sans enfant, il considère David un peu comme son petit-fils et m'a accepté très vite, avant-même que je sois reçu par les parents de David, ses neveux. Sa femme est morte de la fièvre typhoïde dans les années 50. Ils s'étaient rencontrés à l'université et s'étaient amriés deux ans plus tôt. Un mauvais roman que son histoire personnelle, mais une carrière brillante et passionnante.

En découvrant son appartement, à peine aménagé quelques semaines avant l'arrivée du Covid, on sent chez ce vieil homme un sens esthétique qui est loin de me déplaire. Beaucoup de livres, de beaux tableaux anciens et quelques peintres modernes, dont un Fernand Léger. Dans son salon, deux très beaux dessins au crayon d'un artiste américain des années folles. Deux garçons ensemble au bord d'une rivière ou d'un lac, nus ou presque. Il nous explique que le peintre était un ami, qu'il est mort en Indochine au tout début de la guerre, dans un accident de voiture, avant de percer.  Il a dessiné Joseph et son meilleur ami. Il nous fit avoir attendu d'être parti de chez ses parents et d'avoir son premier appartement pour sortir les croquis et les faire encadrer. Seule sa mère savait la nature de leurs relations à tous les trois. A cette époque, il valait mieux taire son orientation sexuelle quand elle était "déviante". David aime beaucoup son grand-oncle, bien plus ouvert que le fut son grand-père. "Pourtant, nous dit-il pendant le dîner, il n'était pas indifférent à la beauté des garçons quand nous étions au collège. Mais il fut toute sa vie ultra-conventionnel. la preuve, il fut républicain toute sa vie quand moi je n'ai jamais été autre chose qu'un démocrate convaincu". Le vieil homme s'est tout de même marié car il voulait des enfants. Après la mort de sa femme, il a poursuivi sa carrière sans jamais retrouver quelqu'un pour partager sa vie. D'où le côté grand-oncle gâteau tellement proche de ses petits-neveux et nièces.

 

 

11 février 2022

Pensers

 

Ecrire des "pensers" plutôt que des "pensées", c'est comme "égotiste" plutôt qu'égoïste. Plus qu'une nuance. La nuance, voilà l'un des charmes de la langue française que les anglo-saxons n'ont pas ou pas de la même manière. T'aimer quand tu es perdu dans tes pensées et te dire ensuite, quand ton corps estr lové contre le mien le sens de mes pensers, ceux que je couche sur le papier. 

 

Plaisir égotiste, qui me ramène au souvenir de nos plaisirs appelant de nouveaux désirs et ces plaisirs sans cesse vécus qui nous rendent joyeux, qui nous font heureux. Nul égoïsme là-dedans n'est-ce pas. juste de l'amour, une force qui grandit en nous chaque jour. Toujours nouveau, toujours surprenant.



L'odeur de ta peau, sa douceur, ce parfum toujours un peu poivré que j'aime humer comme on le fait avec une fleur, les contours de ta bouche, tes lèvres entrouvertes et ton visage parfait, le dessin de tes oreilles que j'aime embrasser, tous les muscles de ton corps quand ils se tendent puis s'apaisent... 

Je pourrai continuer ainsi pendant des heures, pour te dire et te redire combien je t'aime. le soleil pointe son nez. la lumière se fait plus forte... Le printemps serait-il en route ?

Doux réveil

 "Breakfast is ready !" Les toats sont chauds. Le chat rôde et le chien s'impatiente. Le thé fume dans les tasses et les oeufs brouillés sont parfaits. La musique du Tord Gustavsen Trio ensoleillent l'appartement. Il fait froid dehors, le ciel peine à s'ouvrir mais le soleil n'est pas loin. Ton sourire sur ta bouille de bébé mal réveillée. Spectacle quotidien dont je ne me lasserai jamais. Nous n'autions pas dû nous coucher si tard. ou plutôt, couchés assez tôt, nous aurions dû être plus raisonnables...

 

08 février 2022

Merci Mr Levi !

Personne ne peut dire le contraire, rien de tel qu'un jean bien coupé pour mettre en valeur le corps des garçons ! Quand j'étais adolescent, porter un jean était proscrit dans ma famille. Nous en rêvions. A bouton ou à fermeture-éclair, moulant ou droit, se glisser dans cette seconde peau pour se sentir irrésistible et prêt à toutes les aventures...  Retrouvé ces portraits en jean de garçons pour ce premier jour de la semaine :











Les jeans ? "Une seconde peau qui, quand on l'enlève révèle la véritable, la toile bleue un peu rugueuse qui suit au plus près le corps, magnifie la jambe, les muscles des cuisses, la rondeur des fesses est une invitation au plaisir, un accélérateur de désir unique !"... L'attrait du jean, une variante française, la marque Loïs eut sa campagne dans les années 85... Le modèle s'appelait Olivier Grimonnet. Il deviendra photographe à son tour. Je l'ai croisé à Paris une nuit, chez un ami. Il m'avait donné la carte postale en guise de carte de visite. Il griffonna au dos son numéro de téléphone. Il habitait Boulevard Exelmans. Il était grand, beau, attirant. Solaire. Il est mort en 2019, à seulement 57 ans...
 


04 février 2022

Un garçon en train de lire c'est toujours sexy

 

When I first published that picture. pardon, lorsque j'ai publié la première fois cette image d'un lecteur du recueil Lunch Poems, de Frank O'Hara, cet excellentissime new-yorkais, journaliste, écrivain, critique d'art et joyeux compagnon de l'intelligentsia de NYC dans les années 60, mort dans des circonstances pasoliniennes (la mafia et les prostitués romains en moins) sur une plage après une soirée entre amis. Un accident idiot qui priva la poésie moderne américaine et la littérature d'un génie qui n'avait pas encore donné le meilleur de lui-même. Gay, grand lecteur, grand amateur d'art moderne, grand curieux et merveilleux ami aux dires de tous ceux qui l'ont connu, il aurait aimé cette facilité que nous donne internet en permettant de découvrir des milliers de beaux garçons dont l'image est figée dans le temps, les montrant à tout jamais dans leur flamboyante jeunesse. Ce post rempli d'images venues d'un peu partout et de toutes les époques, en hommage à O'Hara et aux garçons qui lisent de vrais livres de papier et d'encre, partout dans le monde !







18 janvier 2022

Grandma's little angel

"Qu'il est devenu grand et comme il est beau mon petit ange. Il ressemble tellement à mon pauvre Teddy qui était si beau. " Il serait nu comme un ver en train de lutiner son meilleur ami Tom, que la pauvre grand-mère trouverait encore à vanter sa force et sa joliesse. oui il est beau le bougre. Il le sait. 

Et oui, Grandma, les enfants grandissent. Ils perdent leur innocence bien que parfois elle demeure et fait d'eux des anges ou des dieux. Disons que la pureté n'est plus la même, moins diaphane, moins évaporée, moins attendue comme l'attendent les adultes. Des sentiments nouveaux, des pensées étranges, des rêves où la chair prend toute la place. L'enfant voit son corps se transformer. Surpris quand il ne sait rien, il se delmande pourquoi ses pieds s'allongent, pourquoi des poils poussent sur les jambes, les pieds, entre les jambes aussi et pourquoi son sexe de plus en plus souvent se dresse et devient rétif, refusant d'obéir et se levant sans que le garçon puisse le contrôler. Est-ce normal ? Suis-je malade ? Non grandma, il ne vous parlera pas, votre petit chéri, de cette décharge qu'il a ressenti la première fois dans sa bite, son souffle qui s'accéléra et cette sensation électrique qui se répandit dans stout son corps lorsqu'il posa son regard sur le corps et le sexe de son meilleur copain, à la piscine, dans la cabine où ils se changeaient tous les deux. Non Grandma, ce n'est plus un enfant mais dieu qu'il est beau et attirant n'est-ce pas ! Et quel appétit, vous pouvez être fière de votre petit-fils Grandma !


Il est gourmand, ila toujours faim. Pas seulement de pizzas. Il a envie, il a toujours envie, de baiser. il ne pense qu'à ça et cela le réveille la nuit. Il désire ardemment son meilleur ami, son voisin dans le métro, ce garçon aperçu à l'arrêt de bus et celui qui joue toujours au basket dans le square à côté, torse nu et en short moulant. Il a envie de tous les garçons qu'il croise. Est-ce cela être gay ? s'interroge-t-il souvent ? Pourtant il a déjà souvent embrassé des filles, il s'est collé à elles, et disent entre elles qu'il est canon, qu'il embrasse bien. Avec la langue. Il est musclé, bien foutu, la peau lisse ombrée depuis peu sur les joues et le menton d'une barbe naissante. Il se rase désormais. Il sent bon. Même sa transpiration fait tourner la tête des filles. Il n'a jamais encore eu de relations sexuelles mais il en rêve. ils en parlent avec ses amis. Il est prêt. Les filles l'attirent mais son meilleur ami l'attire aussi, et le garçon qui a plongé ses yeux dans les siens l'autre jour dans le centre commercial où il venait avec Grandma acheter des chaussures pour son anniversaire.Il en avaits oudainement envie comme on a envie d'une part d'apple pie... "ça des chaussures ?" avait dit la vieille dame, c'est juste bon pour le sport, pas pour aller à la messe. Le garçon était en face du magasin, appuyé contre un panneau publicitaire. Grand, du même âge que lui, brun, bouclé, les cheveux clairs encadrés de longs cils de fille. Vêtu d'un t-shirt blanc sous une chemise ouverte, on voyait pectoraux et abdos bien dessinés. Son jean déchiré au genou moulait joliment des cuisses longues et musclées et cet endroit mysétrieurx, attireant, interdit, entre les jambes, dessiné aussi... Grandma remarqua le regard appuyé de son petit qui rencontrait soudain celui de l'autre garçon... Elle rougit un peu mais ne dit rien. Elle venaitd e comprendre. Alors elle eut un sourire et serra fort le bras du cher petit. Non déciémdent ce n'est plus un enfant soupira-t- elle... 


 

29 novembre 2021

Depuis longtemps un film ne nous avait pas autant secoués...

Mark et moi étions ce weekend à la campagne, pas très loin de New York. Douglas et Jane sont de grands amateurs de cinéma mais c'est aussi leur métier. Elle est productrice, il est responsable juridique dans l'industrie du cinéma indépendant. Mark a connu Douglas au collège et voilà quinze ans que nous passons ensemble des tas de moments.

Comme à chaque fois, nos hôtes nous régalent d'un film qu'ils projettent dans leur salle de cinéma personnelle. car c'est bien de cela qu'il s'agit. Rien de luxueux, une grande pièce donnant sur leur jardin aménagée comme un vrai cinéma pour une dizaine de personnes avec un écran géant et un matériel de projection et de sonorisation ultra perfectionné, le tout dans un confort et un style très New England, tweed, cuir et bois cirés. 

Cette fois, la séance était consacrée à deux films très différents. Le premier comme un clin d'oeil à mon pays d'origine, le second parce qu'il s'agit d'un extraordinaire film, taïwanais ou coréen, peu importe, sorti il y a quelques mois et passé presque inaperçu bien que dépassant les critères de genre et d'époque, bien que extraordinairement filmé, monté avec deux jeunes acteurs fascinants de vérité dans leur jeu. J'étais tellement fasciné que nous l'avons regardé une seconde fois après le dîner. J'ai déjà envie de le revoir !

 


26 novembre 2021

L'Amour sanctifie ceux qui s'y adonnent

"Le motif secret de nos actes, et j'entends : des plus décisifs, nous échappe ; non seulement dans le souvenir que nous en gardons, mais bien au moment même. Sur le seuil de ce que j'appelle : péché, hésitais-je encore ? Non." 

André Gide, Si le grain ne meurt

19 novembre 2021

Je suis tombé amoureux de toi...

à David.
 
Juste réminiscence de ce qui depuis tant de temps me comble et me nourrit, ces vers du chanteur italien Luigi Tenco, dont on a fait taire la voix qui dérangeait car il était de ceux qui chantent l'amour et la liberté. Eclairant notre esprit et nous rappelant ce qui compte  vraiment : la joie, l'amour, la paix au milieu des autres et avec tous. 
 
Nous l'écoutions hier soir, seuls à la maison, dans la douce torpeur du salon, le chien et le chat paisiblement endormis sur le coussin qu'ils partagent. La bouteille d'un vieux Médoc, nos deux verres, quelques delicatessen de chez Andy's et du fromage italien de chez Zabar's. Et la voix de l'italien. Atmosphère comme toi et moi nous aimons. La rumeur de la ville que la nuit enveloppe se fait à peine sentir. Je suis bien avec toi et je te dis une fois encore, merci David pour celui que tu es et pour ce que nous avons construit ensemble...
 
  
 
Je suis tombé amoureux de toi 
parce que je n'avais rien d'autre à faire
le jour  je voulais rencontrer quelqu'un
la nuit je voulais avoir une chose à rêver

Je suis tombé amoureux de toi
parce que je ne pouvais plus rester seul
le jour, je voulais parler de mes rêves
la nuit, te parler d'amour
 
Et maintenant que j'ai mille choses à faire
Je sens que mes rêves disparaissent
mais je ne peux plus penser
à rien d'autre qu'à toi
 
Je suis tombé amoureux de toi
et maintenant je ne sais même plus quoi faire
le jour je regrette de t'avoir rencontré
mais la nuit je viens te chercher.
 
Mi sono innamorato di te
Perché non avevo niente da fare
Il giorno volevo qualcuno da incontrare
La notte volevo qualcosa da sognare
Mi sono innamorato di te
Perché non potevo più stare solo
Il giorno volevo parlare dei miei sogni
La notte parlare d'amore
Ed ora che avrei mille cose da fare
Io sento i miei sogni svanire
Ma non so più pensare
A nient'altro che a te
Mi sono innamorato di te
E adesso non so neppur io cosa fare
Il giorno mi pento d'averti incontrata
La notte ti vengo a cercare
 
 

Je suis tombé amoureux de toi

16 novembre 2021

Jeunes vies, fortes amitiés

Lu sur l'excellentissime blog Red Mug Blue Linen de Laurent ces lignes de Thomas Mann, parues en 1948 :


"Needless to say, our formal goodbye was cool and reserved. It scarcely amounted to exchanged looks or a handshake. In the course of our young lives we had parted and met again too often for handshakes to have become our usual practice."

 Thomas Mann (Docteur Faust,1948)

Quand deux garçons s'aiment, ils dorment ensemble

 à Mark et à David...

06 novembre 2021

Antinous comme en rêve


 Et si Hadrien avait laissé Antinoüs se perdre ? Quand il titillait la fidélité du jeune bythinien en installant son rival, éperdument amoureux de l'empereur, jaloux du favori, de l'Elu mais fasciné par sa beauté comme l'emperuer l'avait été, fou amoureux du maître et de son ami ? Ont-ils cédé ? Ils étaient jeunes, forts et beaux tous les deux. Ils auraient pu demeurer, pareils à Achille et Patrocle, unis dans la passion, le désir, le jeu, dans la douce affection qui accompagne les amants assouvis et continuer d'aimer, d'accompagner et servir l'empereur... Au lieu deça, Antinoüs a choisi le sacrifice. A moins que tout cela ne fut qu'une opération secrète, pour aliéner l'amour et la sérénité au maître du monde, un complot pour assurer l'avenir d'un faction jalouse. empêcher Hadrien d'adopter les deux garçons et de faire d'Antinoüs son successeur... Suicide ou meurtre déguisé en sacrifice rituel pour la gloire de l'empereur et l'avenir de l'empire ? Qui saura jamais...

"How Dreams Are Made", à celui qui se reconnaîtra et peut-être se souviendra

La voix de Jasper Steverlinck m'a fait penser à ce garçon rencontré il y a longtemps à une terrasse de café. J'étais étudiant encore et vivais en France. Il se nommait David. Nous nous retrouvions tous les jours à la même heure et pendant des semaines, nous nous sommes croisés, jetant un coup d'oeil à la volée pour voir l'autre, sans jamais chercher à croiser nos regards. Il buvait un café allongé, je prenais du thé. Nous lisions ou prenions des notes tous les deux. Comme moi, il cherchait le soleil. Et puis un jour, des semaines après, un ami avec qui j'allais travailler à la bibliothèque te croisa dans les travées. Et me proposa de nous asseoir à la même table.

Et c'est là que tout a commencé. Comme si les nombreuses fois où nous étions ensemble au café sans jamais nous parler ni nous regarder, avaient été la répétition de la pièce qui allait se jouer. Nos coeurs et nos corps se préparaient sans doute...Tu étais avec une fille qui te buvait des yeux. Elle était très jolie. Tu étais tout sourire, content de voir cet ami avec qui j'étais venu. Quand tu as levé les yeux vers moi pour me saluer, tu as eu un très court moment d'arrêt, ton regard est devenu brillant derrière tes longs cils. J'ai su que tu m'avais reconnu et que tout ce temps, comme moi, tu avais espéré qu'un jour nous nous parlerions. Ton sourire se fit encore plus rayonnant en me tendant la main, tu dis simplement : "on se connait déjà je crois". J'aimais ton expression malicieuse et mon coeur aussitôt fondit comme du beurre au soleil... J'aimais le contact avec ta main, douce et ta peau comme veloutée.

Inutile de dire que je n'ai pas vraiment réussi à me concentrer sur mes cours. Mon sang  vibrait dans tout mon corps. Je me sentais bête et moche. Je voulais éviter tout ce qui aurait pu risquer de te déplaire ou te donner une fausse idée de celui que je suis. De temps à autre - enfin - nos regards se croisaient. L'ami qui nous avait introduits sentit vite que quelque chose de spécial était en train de se passer et il sourit, juste un peu étonné, quand David me proposa de rentrer avec lui, "pour mieux faire connaissance". Notre ami commun devait retrouver la fille avec qui il sortait. je n'avais rien de prévu et ma petite amie de l'époque avait son cours de danse. 

Et c'est ainsi que tout commença. Après avoir raccompagnée la jolie lituanienne qui travaillait avec lui, nous avons marché. Longtemps. il faisait nuit. Nous parlions beaucoup, comme à la recherche du temps perdu. Puis soudain, au coin d'une rue un peu plus sombre, David prit mon bras comme pour me retenir. Comme si son geste était destiné à me prévenir d'un danger, je sursautais et regardais autour de nous. Il se rapprocha de moi et m'embrassa, plus il prit ma main et m'entraîna sous un porche assez profond que les réverbères n'éclairaient pas. Notre étreinte fut intense et passionnée. Toujours cette impression de vouloir rattraper le temps perdu... Nous avons passé la nuit ensemble. Pour moi c'était la première fois que je dormais avec un garçon, la première fois que je ressentais cette passion. J'aimais profondément la fille avec qui je sortais, nous projetions de nous installer ensemble à la prochaine rentrée et notre entente physique était parfaite. Pourtant David venait de tout remettre en question, par un regard, un baiser, une étreinte passionnée... 

 

Notre histoire dura plusieurs mois. Pendant plusieurs mois je menais une double vie, voire triple car je vivais chez mes parents à la campagne quand je n'étais pas à la fac, et en ville je partageais mes nuits entre la fille qui m'aimait et David que j'aimais aussi... Nous faisions des tas d'aménagements, nous nous organisions pour éviter qu'elle et lui se rencontrent. Il y avait les lieux que je fréquentais avec David où jamais nous allions avec ma petite amie... Une fois nous avions failli vivre un télescopage qui aurait pu être dramatique. David était avec sa bande d'amis dont celui qui nous avait présenté et qui suivait les mêmes cours que moi. Une fête d'anniversaire nous réunit tous et les deux personnes avec qui je faisais l'amour se retrouvèrent pour la première fois dans la même pièce. Certains amis savaient que j'étais avec elle, d'autres que je sortais avec David. Il eut suffi d'un mot lâché par inadvertance pour faire tout exploser... Mais rien ne se passa. David, toujours aussi gentil, toujours attentionné ne demandait ni n'exigeait rien. Il aimait faire l'amour avec moi et nous nous entendions parfaitement. Nous étions amoureux. Un amour joyeux et tranquille. Il savait que j'avais une fille dans ma vie. 

Parfois il disparaissait plusieurs jours et je ne le voyais plus, il n'appelait plus et je reprenais ma vie d'avant comme si de rien n'était. Je songeais à lui et cela devenait difficile pour moi de vivre normalement sans ressentir un manque, un vide que seul David pouvait combler.Puis soudain il revenait et nous reprenions notre vie, nos nuits, nos après-midis volés. Un jour, les cours se terminaient, les examens étaient derrière nous. J'étais seul dans l'appartement. David devait venir déjeuner avec moi. Il ne vint pas. Je ne devais jamais le revoir. Le lendemain je devais rentrer chez mes parents qui venaient me chercher puis nous devions nous installer dans notre maison au bord de la mer. Les semaines passèrent sans aucune nouvelle de David. Puis l'été se termina et ce fut la rentrée. Il ne donna plus aucun signe de vie. J'ai su bien plus tard qu'il avait été reçu dans une grande école loin de notre université. Je ne l'ai jamais revu.



 

11 octobre 2021

“Love you!” “-Mean it!”

- Love you ! 

- Mean it !

Echange verbal entendu sur le parking en remontant de la plage. deux garçons, grands, bronzés, leurs planches sous le bras. A peine vingt ans pour le plus vieux. Epaules larges, pectoraux rebondis, duvet blond sur leurs jambes encore bronzées. David et moi, n'avons pas pu nous empêcher de nous retourner. Le plus jeune a laissé tomber sa planche, lâché sa serviette et son sac et s'est précipité sur son compagnon lui sautant littéralement dessus. Ils sont tombés tous les deux, roulant comme deux chiots sur le sable en riant et en s'embrassant. Nous avons souri. Belle image avant le retour à la maison et la semaine qui nous attend. Attendrissant et rassurant. Personne sur le chemin ne semblait offusqué, mieux : personne ne remarqua ces deux jeunes hommes encore dans l'adolescence, mais personne non plus ne semblait ignorer ce qui se déroulait au milieu de tous, deux êtres amoureux et affirmaient leur bonheur en se couvrant de baisers. Quelque chose de beau, de tendre et de naturel. Moment joyeux offert au monde entier. Cette scène inattendue m'a fait penser à la célèbre chanson " Que je t'aime, que je t'aime" que nous n'avons pas arrêté de chanter à tue-tête David, Benedict et moi sur le chemin du retour.


 

Détente, Moments intimes, délires et c'est déjà lundi...

Savoir qu'on va dormir tard, que quelqu'un aura sorti le chien, que dehors il va faire beau et que l'automne une fois de plus est délicieux. Sentir monter l'odeur des muffins grillés et du café fraîchement moulu. Entendre David revenir de la cuisine avec le plateau... Les journaux du dimanche, les revues, les bouquins qu'on n'a jamais le temps de lire. "I'm starving" me dis-tu en posant le plateau sur le lit entre nous. C'est dimanche...

Puis des désirs câlins se faufilent dans la chambre silencieuse... L'attitude abandonnée et détendue de nos corps nus, le silence et l'air marin aussi, tout appelle nos esprits à des idées gentiment lascives, une autre sorte d'appétit qui nourrit l'amour et ne cesse de grandir. Délices sous les draps, complicité, rires et émotion aussi chaque fois renouvelée du plaisir partagé, tendre, toujours renouvelé comme aux premiers jours avec toi. Reposer après, se rendormir peut-être mais toute cette énergie amoureuse donne faim aussi. Les brioches de Mrs Shellerska sont sublimes avec le chocolat Dardenne arrivé hier de France que nous avons amené avec nous...

 
 
Faire l'amour est une douce chose quans le corps de l'autre n'a plus aucun secret pour nos mais demeure un mystère chaque fois redécouvert, avec surprise, avec émerveillement. Sentir dans nos effusions la présence du dieu Amour, cet éphèbe aux yeux clairs et espiègles qui guide nos mains, tend nos muscles et répand en nous cette force inextinguible qui nous pousse à aimer et renouvelle notre passion, alimnet notre désir.

Séance Selfies ensuite, délires et natures mortes (les vêtements sur la banquette, le plateau du petit-déjeuner, le reflet du vase de fleur sur le store, objets inanimés rendus uniques par la lumière du matin, jaune, diaphane, presque orangée et puis toi, qui m'attire dans ton jean que tu enfile en me parlant de je ne sais plus quoi, le tissu qui glisse sur la peau si douce et si ferme de tes jambes. Et ton rire de faune, et comme en ombre chinoise le dessin de ton buste, tes épaules, tes reins à la cambrure de jeune demi-dieu. " Tu semble descendre du Parnasse pour mon plus grand bonheur, jeune demi-dieu" dis-je en lui tendant les bras "Tu en es aussi" me dis-tu gentiment moi qui déplore chaque jour de nouveaux cheveux gris sur mes tempes, "mais toi tu ne l'es pas à moitié, tu le dieu absolu de ma mythologie, tu règnes sur mon Parnasse". Délicieux et touchant, ce bon mot que je sais sincère, fait briller mes yeux et les tiens, et me pousse l'un vers l'autre de nouveau...


 
Dix heures déjà. Notre logeuse vient de sortir. Nous entendons le chien aboyer et la voiture sur les graviers. Il va falloir nous lever, faire le lit, ranger un peu, nous laver et nous vêtir pusiqu'on nous attend à deux pas, sur le port, pour une sortie familiale en bateau. Larguons les amarres et voguons sur l'océan comme nous voguons dans le plaisir d'être ensemble, toi et moi. Nous. A chaque instant, le jour, la nuit. toujours. Comme dans la joie de ce dimanche ensoleillé. 
 

 
Nota Bene : les photos présentées sont à usage d'illustrations dans le sens littéral du mot et ne sont les portraits d'aucune des personnes mentionnées dans le texte. Inutile donc de m'écrire pour me demander d'autres photos de famille ! elles sont choisies pour leur esthétique et j'y cherche des similitudes et des ressemblances. Des illustrations quoi !