31/12/2011

2012 est là !

Bonne année à tous mes lecteurs (et mes quelques lectrices) fidèles ! 
Pour moi les fêtes se passent en Médoc dans la chaleur de notre vieille maison familiale !
Tous mes vœux : amour, santé, joie et bonheur !

Prendre le temps

Voilà bien une chose que les gens ne savent pas vraiment faire ici. Tout n'est que gesticulation, course effrénée, fuite en avant. L'image de l'Amérique hyperactive. Pourtant New York, même si la ville est une gigantesque pile électrique, a parfois des relents de petite bourgade européenne - mais si je vous l'assure - il suffit de vivre au bon endroit et surtout de fréquenter les bonnes personnes. Je connais des dizaines de new-yorkais très cool. L'Algonquin est un hôtel mythique sur la West 44th street, dans le fameux Club Row dans Midtown. J'aime bien y boire un verre avec David après un musée ou des courses. C'est là que mes parents descendent quand ils me font l'insigne honneur de venir me rendre visite (mon père et mon frère présentent parfois nos vins à New York, ce qui est l'occasion de nous voir). Ce n'est pas le meilleur hôtel de Manhattan, loin s'en faut mais il possède un charme indéniable. Et puis il est bourré de petits détails qui font les souvenirs de voyage. 

L'Algonquin par exemple, a un magnifique chat, abonné au comptoir de la réception. On vient de loin pour le voir et il joue un un peu les vedettes. D'ailleurs il a une tête de concierge d'hôtel ! La dernière fois que ma famille était là, ils logeaient dans une suite au 10e étage avec une vue superbe et un décor digne d'un roman de Scott Fitzgerald. En plus - détail que ne gâche rien - les grooms et pas mal de garçons d'étage sont sublimes. J'ai longtemps fantasmé sur les grooms des grands hôtels. Je me souviens d'un jeune liftier au Péra Palace d'Istanbul, le fameux hôtel longtemps terminus de l'Orient-Express. J'y étais descendu avec mes parents. Un soir en rentrant après un dîner dans Péra où j'avais laissé mes parents qui étaient avec des amis que je ne supportais pas vraiment, je me suis retrouvé dans l'ascenseur avec ce jeune turc aux yeux d'amandes. Il avait un sourire magnifique, une gueule d'ange et de jolis cheveux bouclés presque roux. Son uniforme lui allait magnifiquement. Il était bordeaux ou rouge je crois, je ne sais plus très bien. Au moment d'ouvrir la grille de mon étage, nous nous sommes frôlés. Ensemble, nous avons eu un frisson, plutôt une petite décharge électrique. Le même désir...


Je l'ai regardé dans les yeux. Il a soutenu mon regard - nous avions presque le même âge - il m'a dévisagé sans que bouge un seul de ses traits, le regard presque sévère puis un large sourire a éclairé son beau visage. Je me suis retourné une ou deux fois. Il était toujours derrière la grille de fer forgé. Visiblement le même désir attisait son regard et gonflait son pantalon... Puis il a actionné le mécanisme du vieil ascenseur pour redescendre. Je suis rentré dans ma chambre rempli de désir et d'amour. Quelques années plus tard, je lui aurai parlé et nous nous serions retrouvés...

11/12/2011

Journal d'un week-end

Il s'est acheté un carnet pour noter ce qu'il fait chaque jour. Mes habitudes déteignent. je fais des émules. Cette manie d'écrire tout ce qui fait ma journée, Paul vient de la faire sienne.
David aussi écrit. Mais c'est plus aléatoire. Il va remplir des feuillets entiers de sa belle écriture penchée, puis ce ne sera plus que des notes éparses qu'il laisse ici où là. Paul est déterminé à tenir un "diary".
 C'est bien. L'écriture est un merveilleux exutoire, un laboratoire à idées, le moyen d'éclaircir ce qu'il y a de trop sombre en soi. Un bonheur. Mes carnets noirs de chez Moleskine me suivent partout. C'est cet été, quand nous étions en bateau que le petit a pensé lui aussi à prendre la plume. La génération Ipad et Iphone redécouvre la cursive et la joie de s'exprimer autrement que sur un clavier.
Apparemment Paul est décidé. Nous lui avons offert un lot de carnets en papier recyclé chez Kate's Paperie sur Broom street. Il dessine avec aisance et note ses journées, la vie qu'il mène avec ses copains, notre quotidien. C'est bien. 
Demain, Louis arrive de Paris. C'est un garçon que j'ai rencontré quand j'étais étudiant. Nous sommes de la même promotion. Il travaille depuis un an pour le groupe JP Morgan Chase à Londres et doit faire un stage de deux semaines ici. C'est un type que j'aime beaucoup. Il va loger chez nous. Nous l'avons déjà reçu une semaine l'été dernier. Il partait retrouver son copain à San Francisco. finalement le copain étant resté en argentine avec un type rencontré là-bas, ce pauvre Louis s'est retrouvé tout seul. Nous l'avons sorti de son chagrin : restaurants, théâtres, cinémas, virées en bateau, etc... J'ai vraiment découvert un garçon plein de cœur et de gentillesse. Je l'avais invité une fois chez mes parents dans le Médoc, avec d'autres. Était-ce la présence de mes parents, le château ? Toujours est-il qu'il me parut coincé, distant. Il était certainement mal à l'aise. je ne pensais pas que nous deviendrions un jour aussi proches. Comme a dit Paul en rigolant, quand il l'a rencontré : "décidément banquiers, français et gay, ça pullule par ici !"
Samedi, soirée vidéo. Sandwiches au pastrami et au poulet, cheesecake maison et Médoc 2006. Au programme deux films très différents. pas du grand cinéma, mais de belles images, de bons (et beaux) acteurs, et l'agréable sensation de passer un bon moment sans prétention, en amoureux. Le petit était chez ses parents. Premier film : "Redwoods". L'histoire d'un jeune type de Californie qui vit avec un homme un peu plus âgé avec qui il a adopté un jeune garçon autiste. En l'absence de son compagnon et de l'enfant, le héros va rencontrer un écrivain venu dans le village pour terminer un roman. Ils vont sympathiser, tomber amoureux et devenir amants. L'écrivain va apporter au héros ce dont il avait besoin mais qu'il avait étouffé dans un quotidien morne. Leur idylle ne va pas durer. Juste le temps de l'absence du compagnon. la famille va être témoin de ce bouleversement. Au retour des absents, le héros va choisir de rejoindre son amant mais le sens du devoir va le ramener au bercail... Les années vont passer et il va un jour apprendre que l'écrivain était atteint d'une maladie incurable et qu'il est mort lui laissant le livre qu'il a publié après cette belle aventure... Le synopsis n'a rien d'original. Ce qui l'est, c'est de faire vivre une histoire somme toute très courante déjà explorée plusieurs fois au cinéma (nous avons très vite pensé à la "Route de Madison"). Ce qui ne marche pas : l'âge du héros. on lui donne 25 ans au mieux quand il serait plus logique, vue la vie qu'il mène et la charge de cet enfant handicapé mental, d'avoir un personnage de 35 ans. en tout cas Brendan Bradley est beau gosse et son jeu est très fin. Pas un grand film, mais une jolie romance agréable à regarder. Envie de visiter le Parc National de Redwoods, ça a l'air magnifique. Le second film, avec Julianne Moore et Dennis Quaid, "far from Heaven" (Loin du paradis). On est plongé dès le générique dans un film des années 60, aux couleurs saturées, décors et costumes d'une Amérique rigoriste et conventionnelle, très sûre d'elle et hypocrite. Dennis Quaid est un brillant homme d'affaires marié à la belle Julianne Moore. ils ont deux enfants. Tout a l'air parfait. Clichés. En fait, Dennis Quaid a des pulsions homosexuelles qu'il ne parvient plus à refouler. il lutte mais succombe. Le mariage explose et l'image du couple dans la petite ville provinciale aussi... Un bon film,, ne serait-ce que pour ce pastiche des films des années 50-60. Pas du grand cinéma là encore, mais ça fonctionne. Cinéma de loisir efficace que les français ne parviennent décidément pas à fabriquer, sauf "Les histoires d'amour" qui est un de mes films français préférés.

03/12/2011

Farniente dominical

T'inquiète !

Il est arrivé hier soir avec un air défait, les traits tirés et la mine de celui qui vient de prendre sur le coin de la tête la tuile du siècle. Surprenant pour un garçon comme lui. Beau, bien fait, intelligent et drôle, Simon avait toujours le sourire aux lèvres depuis que nous le connaissons. C'est à dire depuis que nous avons emménagés ici David et moi. Que s'était-il  donc passé pour que ce beau gosse soit aussi dépité ? Nous avons eu la réponse et il m'a fallu tous les trésors de la parfaite éducation donnée par mes chers parents, renforcée par mon passage en Angleterre, pour ne pas exploser de rire. L'affaire est sérieuse et le chagrin du beau Simon aussi. Je vais vous en révéler la teneur. Après tout peu d'entre vous ont l'occasion de croiser Simon sauf à venir nous rendre visite. Il habite au-dessus de notre appartement avec sa mère et sa sœur. Simon mesure environ 1 m 80. Il est châtain, presque roux. Les épaules larges, la peau blanche, un visage glabre aux pommettes saillantes. Si ses yeux étaient clairs, il serait la beauté même. En fait, ses yeux sont couleur noisette. Il a des sourcils un peu trop épais et des cils trop courts. Ses mains sont belles, larges avec de longs doigts effilés terminés par des ongles toujours impeccables. Il a fait de la natation et comme tous les gosses ici, joue au basket. Bref ce n'est pas un gros inutile vautré toute la journée devant la télé en se gavant de popcorn. Je crois que sa mère est norvégienne ou finlandaise, je ne me souviens plus. Sa petiote sœur qui doit avoir quatorze ou quinze ans est très jolie, très fine mais elle est accoutrée comme un sac, enfin vous me comprendrez, elle est comme les adolescentes de son âge. Mais je ne vais pas commencer à vous détailler la famille, ce n'était pas mon sujet. Simon donc avait l'air désespéré. Il est venu sonner à la maison, comme il le fait souvent le dimanche. Agréables moments de conversations qu'il aime partager avec nous. Il nous a confié ses peines de cœurs, ses angoisses scolaires, ses déboires pour passer son permis. Cette fois, le sujet était plus embarrassant. Pour lui cela s'entend. en fait Simon revenait quand nous l'avons croisé avec sa mine d'enterrement, de la salle de gym où deux de ses copains viennent d'être embauchés, l'un aux vestiaires, l'autre en salle. Il était convié à deux heures gratuites et a pu essayer avec eux toutes les machines, profiter de la piscine et du sauna. C'est là que le problème a surgi. Dans le bain de vapeur, tous les mecs étaient nus. Simon qui ne s'était jamais exposé à poil devant personne était très gêné. Il a bien dû se résoudre à faire comme tout le monde, et comme ses copains, il a enlevé sa serviette, ou son peignoir, je ne sais plus. Un éclat de rire stupide a eu sur lui l'effet d'un cataclysme : beau garçon bien proportionné, il n'a pas été doté par la nature d'un sexe en proportion avec le reste. Son membre viril, certainement ratatiné par la chaleur des lieux, semblerait avoir gardé la taille de ceux des petits garçons. Même ses couilles sont minuscules. Devant ses amis gênés pour lui mais retenant avec peine leur hilarité, ce pauvre Simon a vite battu en retraite. Dans les vestiaires, un de ses copains l'a rassuré, lui disant avec raison que ce n'est pas la taille qui fait la virilité., le mal était fait. Notre petit voisin s'est enseveli dans un complexe gigantesque  dont il va être difficile de l'extirper. Le plus sympathique - et drôle aussi - dans cette affaire, c'est qu'il soit venu nous confier son "désappointement". "Tu comprends" disait-il à david, "Kyle et Mark étaient avec moi. ils ont vu ma queue et moi j'ai vu les leurs.... Normales quoi." Toujours les mêmes choses, les mêmes préoccupations. Dans l'antiquité déjà... Il est vrai que la taille du membre viril avec les publicités, les films mais surtout la pornographie, ne peut qu'être de belle taille sous peine de faire de vous un sous-homme. On vend même des pompes censées allonger le pénis... Bref ces foutaises ont démoli notre bonhomme qui voulait à tout pris nous montrer l'objet de son souci ! Nous avons eu assez de mal à l'en dissuader. Cela commençait à ressembler à une scène d'Eating out...

Amusés mais peinés de le voir aussi triste, nous avons usé de toutes nos ressources pour le rassurer, pour lui expliquer qu'il n'avait pas encore fini sa croissance, que ses couilles pourraient grandir encore et que de toute manière - ça c'est David qui l'a dit - quand il sera en situation d'honorer une fille ou un garçon (je pense qu'il est hétéro mais peut-on savoir), le désir et l'excitation transformeront son engin en un outil d'amour et qu'il aura autant de plaisir qu'avec un braquemard de la taille de ceux des ânes... conversation assez leste, j'en conviens mais le sujet... La virilité mise en cause d'un pauvre garçon mal doté par la nature, valait bien de s'asseoir sur les convenances, vous ne trouvez pas ?
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